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Entretien avec Maxime LORET

Maxime, tu as obtenu mi-août à Méribel ton 2ème podium de la saison en Coupe de France en terminant 3ème en espoir. Racontes-nous comment cela s’est passé.
L’objectif était vraiment de faire podium. Sans me mettre de pression, je m’étais mis un bon stress pour pouvoir réaliser ce podium puisque je voulais également terminer dans les 3 premiers du classement général de la Coupe de France. J’étais donc très bien préparé pour cette finale et j’ai pris un très bon départ. Je me suis tout de suite placé dans les 6 au scratch et 3ème espoir. J’ai ensuite réussi à tenir cette place jusqu’à la fin de la course. Dans le dernier tour, j’ai craqué un petit peu, le 4ème espoir est revenu sur moi, mais je suis parvenu à maintenir le rythme et à rallier l’arrivée dans cette position.
J’étais vraiment satisfait, c’est exactement ce que j’avais imaginé donc l’objectif a été atteint.
 
Avec tes 2 podiums sur les 4 manches de Coupe de France, tu termines 4ème du classement général, à seulement 8 points du 2ème. Es-tu satisfait de ta saison en Coupe de France ?
Oui je suis satisfait, puisque si on m’avait dit cela en début d’année, je ne l’aurais jamais cru, je ne pensais pas faire une saison comme celle-là. Il est vrai que l’objectif avant la finale à Méribel était de rattraper mon retard de points pour pouvoir accéder au podium de la Coupe de France, mais je me dis qu’il n’y a que des espoirs 4ème année devant moi. Et vu que je ne suis qu’espoir 3, je pense que j’ai de belles choses à faire l’année prochaine. Ce n’est que partie remise, je pense !
 
Tu as été plutôt régulier tout au long de la saison mais on a tout de même l’impression que tu as progressé au fil des manches ? As-tu le même sentiment ?
En fait, je n’avais pas fait beaucoup d’intensité en mars lorsque j’ai fait mon premier top 10 espoir sur la 1ère manche de Coupe de France à Marseille. Puis au fil de la saison, avec mon entraîneur, on a chargé un peu plus et on a vraiment insisté à ce niveau-là. C’est pour cela que je suis arrivé très en forme au mois de mai juste avant les 2 manches de Coupe du Monde et la 2ème manche de Coupe de France à Ussel où j’ai fait mon premier podium. J’ai moi-même été surpris car j’espérais un top 5 mais je ne pensais pas pouvoir terminer sur le podium.
La semaine d’après, il y avait une manche de Coupe du Monde en Allemagne. Je suis parti avec le dossard 78, donc très loin sur la grille et je finis 12ème. J’étais hyper satisfait, puisque je visais seulement un top 30, et cela montrait que j’étais encore en progression. Ensuite en juillet, je tenais à confirmer mon bon début de saison, j’avais un peu peur mais j’ai réussi avec un nouveau top 15 en Coupe du Monde et un top 5 au Championnat de France. J’ai pu maintenir la pression jusqu’à la fin et même continuer à m’améliorer, donc ça fait très plaisir.
 
Tu viens de nous évoquer ta très belle 5ème place au Championnat de France, qui reste l’épreuve reine de la saison sur le plan national. Tu termines à moins de 30 secondes du podium, as-tu des regrets ou retiens-tu la satisfaction d’être proche des meilleurs ?
Non je n’ai pas de regret parce que j’ai tout donné. La seule petite chose que je pourrais regretter c’est le fait d’avoir beaucoup roulé pour revenir sur la 3ème place. Nous étions un groupe de 3 pour la 4ème place, et personne ne m’a passé de relais donc j’ai roulé toute la course devant. Et dans le dernier tour, Joshua DUBAU, qui était dans notre groupe, a attaqué et du coup je n’ai pas pu suivre, et c’est lui qui fait 4ème. Mais je ne suis pas quelqu’un d’attentiste, j’aime bien tout donner et ne rien regretter, ce qui est le cas sur ce championnat de France. Mon objectif était de finir dans le top 5, ce que j’ai réussi, et cela va me donner encore plus de motivation pour monter sur le podium l’année prochaine.
 
On peut dire que tu as réalisé une belle saison 2016, es-tu content de ton année et quelles performances retiendras-tu ?
Oui je suis super content de cette saison. Mon objectif au départ était de faire des Top 10 au niveau national et de progresser pour espérer arriver l’année prochaine au niveau de cette saison. Je ne m’attendais pas à être à ce niveau, donc je suis vraiment satisfait. Je confirme également ma bonne saison de junior d’il y a 2 ans. Après 2 saisons blanches, c’est un peu une revanche pour moi. Tous ceux qui ont dit que je n’étais pas capable de faire un podium en Coupe de France, mon année leur montre le contraire, donc je suis très content.
Pour ce qui est des performances, je retiendrais tout d’abord ma 12ème place lors de la manche de Coupe du Monde en Allemagne, car c’est celle qui m’a le plus surpris. Et ensuite, la finale de la Coupe de France à Méribel où j’étais très heureux de rentrer dans l’objectif.
 
Tu nous as parlé de ta bonne saison chez les juniors. Cette année-là, tu étais également passé tout près du podium des Championnats de France (4ème), et tu avais notamment connu l’équipe de France, est-ce un objectif que tu as toujours en tête ?
Oui j’ai toujours l’équipe de France en tête. Après la manche de Coupe du monde en Allemagne, je me suis dit que c’était réalisable, mais sur la 2ème manche, j’ai crevé et je n’ai pas pu prouver mes qualités pour la sélection aux Championnats du Monde. Mais j’espère pouvoir y être l’année prochaine, surtout qu’ils auront lieu en Australie, le cadre va être pas mal, et ce serait une superbe expérience. Je vais être très motivé pour y aller, car c’est mon rêve depuis que je suis tout petit.
 
Pour en revenir à tes débuts, à quel âge et comment as-tu découvert le VTT ?
J’ai commencé à 10 ans grâce à un copain qui faisait du vélo au VCCO La Rochelle. Je faisais de l’athlétisme à l’époque et je suis allé le voir à une course à Dompierre, organisée par son club et ça m’a plu. J’ai tout de suite eu envie d’en faire, puis j’ai regardé le Tour de France dans l’été qui a suivi, et cela m’a encore plus motivé pour m’y mettre.
Au départ, je me suis mis à la route car je n’aimais pas trop le VTT, je pense que j’avais un peu peur. Puis un jour au club, j’ai vu rentrer les vététistes, ils étaient plein de boue et je me suis dit que ça avait l’air trop cool. J’ai donc essayé et ça m’a tout de suite plu.
 
On voit plus souvent des vététistes aller vers la route, que l’inverse, tu as fait dans l’originalité au moins ! Tu avais donc un peu d’appréhension quand tu as essayé le VTT mais c’est finalement ce qui t’a le plus intéressé ?
Oui j’avais un peu d’appréhension au départ. On faisait des courses autour du stade de foot de mon village et j’étais mauvais, au niveau technique je n’y arrivais pas. C’est pour cette raison que je suis allé vers la route mais ça m’a un peu ennuyé donc je suis retourné au VTT.
Quand on est jeune, on adore se rouler dans la boue et « faire le fou », et c’est vrai qu’avec le VTT, on est servis. J’avais également fait un peu de BMX et avec le VTT, j’ai retrouvé un peu les mêmes sensations.
 
Quelles sont les principales qualités qu’il faut posséder pour réussir en cross-country ?
Je pense que la première qualité, c’est le mental car c’est vraiment très, très dur. Pendant 1h30, on est à 180 pulsations par minute donc c’est mentalement super dur.
Après, il faut des qualités physiques, car on a tout le corps qui travaille, aussi bien le haut que le bas, c’est pourquoi nous effectuons beaucoup de renforcement musculaire l’hiver mais aussi pendant la saison avec des séances en salle de musculation.
Et enfin, il faut des qualités techniques car les descentes sont de plus en plus engagées, notamment en Coupe du Monde, où on peut perdre jusqu’à 20 secondes si on n’est pas à l’aise. Et à l’inverse, on peut gagner des courses grâce à cela. Il faut donc combiner ces trois domaines, et en principe, c’est le cocktail gagnant !
 
Parmi ces trois qualités, as-tu un point fort ou un point faible ?
Pour ma part, c’est assez équilibré. Techniquement, je ne suis pas le meilleur, mais vu que j’ai fait du BMX et que j’en fais toujours, cela me donne une bonne adresse sur le vélo. Le physique, je le travaille vraiment beaucoup à l’entrainement avec des intensités par exemple. Donc, tout ce qui est montée raide, je suis assez bon. Et au niveau mental, même si cela dépend des jours, en général, je ne suis pas trop mal, je ne suis pas du genre à « lâcher le morceau ».
 
Pour continuer à progresser, il faut travailler, quelle est ta semaine type d’entraînement ? 
En général, j’ai jour de récupération le lundi. Selon comme je me sens, je fais une sortie d’une heure sur route tranquille mais si je suis fatigué, je ne vais pas rouler.
Le mardi, en principe c’est de la PMA, donc des intensités, 30/30, sprints départ arrêté, des exercices répétés souvent.
Le mercredi, c’est route donc des sorties foncières entre 3h et 4h30 de vélo avec des sprints ou de la force, et des exercices spécifiques également.
Le jeudi, c’est VTT ou route, avec du travail d’intensité aussi, mais plus court que le mardi, afin de se préparer pour la course, pour faire un peu de jus et garder de la fraicheur. Il y a des exercices spécifiques avec souvent des montées de 20 secondes par exemple.
Le vendredi, c’est toujours mon jour de repos, j’aime bien avoir une journée off deux jours avant la compétition. Cela me permet de récupérer de ma semaine d’entrainement.
Le samedi, c’est déblocage avec 1 heure et demie de vélo « un peu plaisir » : on reconnait le circuit généralement, on fait quelques petites accélérations, mais vraiment souples, pour débloquer le moteur et on repère bien les trajectoires sur le circuit. C’est souvent une sortie sans trop de pression, assez sympa. Et le dimanche, c’est le jour de la compétition.
 
Tu es en sport-étude, qui est ton entraîneur et comment se déroule votre collaboration ?
Oui je suis en sport étude à Chambéry mais j’ai seulement des horaires aménagés. Mon entraîneur est Christophe GRABKOWIAK qui est l’ancien entraîneur du VCCO La Rochelle. Il me fait mes plans par mail et on se voit lorsque je rentre à La Rochelle tous les 2 ou 3 mois. On s’appelle également régulièrement, toutes les semaines, en général.
Là où je suis, on est plusieurs à pratiquer à haut niveau donc on va souvent rouler ensemble. Je fais par exemple des sorties avec Antoine BOUQUERET qui a fait 3ème du Championnat de France. Techniquement, il est très fort, ça me permet aussi de progresser.
 
Tu appartiens au Team Pro Fermetures-Cube-Rotor, quel est le niveau de cette structure et quels sont les principaux pilotes y appartenant ?
On va dire qu’il y a 2 parties dans le team. Une partie avec des pilotes de niveau régional et national, ils sont pour la plupart basés en Bretagne, et participent essentiellement aux Coupes de France.
Et ensuite, nous sommes deux avec Léna GÉRAULT à participer aux Coupes du Monde.
 
Comment es-tu aidé par ton Team ?
Avec Léna, nous avons les vélos gratuitement, les vêtements aussi, et de nombreux déplacements sont pris en charge. Les pilotes de l’autre partie du Team ont moins d’avantages, mais le fait d’être partagés en deux permet d’avoir une structure haut niveau.
 
Tu es actuellement licencié au VCCO La Rochelle, ton club formateur au sein duquel tu as signé ta première licence en 2006. Même si tu as passé 1 année dans les Vosges, tu as effectué une dizaine de saisons au VCCO. Quelles sont tes relations avec le club, et qu’est-ce qu’il t’a apporté durant ta jeune carrière ?
On a de très bonnes relations. A chaque fois que je rentre à La Rochelle, je vais rouler avec eux. Je prends vraiment du plaisir à aller avec eux, cela permet de partager des moments d’entrainement avec des plus jeunes. Eux sont également contents de voir quelqu’un qui a percé un peu dans le milieu, et ça me plait de partager cela donc c’est vraiment bien.
Au niveau de l’aide apportée, le club m’a poussé vers le haut niveau et m’a donné cet esprit de compétition qui existe au sein du club. Je pense que c’est un atout car cela amène les jeunes à se surpasser. Lorsque j’ai commencé à faire des bonnes places, on m’a accordé plus de considération, et je trouve cela bien, car il y a la notion de mérite et cela pousse à s’améliorer encore plus.
 
Quel est ton programme d’ici la fin de l’année ?
Actuellement, c’est un peu plus détente. J’ai une course UCI ce week-end en Allemagne et j’aimerais faire une bonne place au Roc d’Azur le 09 octobre. Après je vais couper 2 ou 3 semaines, et faire d’autres activités. Nous sommes en montagne donc nous pouvons faire du trail par exemple, je vais faire un peu de musculation pour le plaisir, du BMX, des choses qui sont un peu différentes.
Je vais réattaquer ensuite fin novembre, je pense, avec progressivement un peu plus de vélos par semaine, mais aussi d’autres sports comme la natation, la course à pieds, du ski.
Fin mars, il y aura la première manche de Coupe de France mais je pense que ce sera plus une course de préparation car les grosses échéances arriveront plus tard. Il ne faut pas tout donner l’hiver, déjà mentalement c’est dur, et surtout, il vaut mieux progresser tout au long de la saison.
 
Concernant la prochaine saison, quels sont tes principaux objectifs ?
J’aimerais bien confirmer ma bonne saison, et essayer de viser le titre de champion de France. Je voudrais être sur le podium au général de la Coupe de France. Cette année, j’étais à chaque fois premier espoir 3 donc je pourrais en avoir l’opportunité l’année prochaine. J’aimerais également rentrer dans le top 5 du scratch élite sur une manche au moins. Et enfin, sur les Coupes du Monde, faire des meilleures places, à savoir top 10, voir top 5 selon la forme car le niveau est élevé.
 
Au niveau national, quand tout le monde est présent, le niveau est pas mal non plus ! Quand on se retrouve sur la même course que les Julien ABSALON, Victor KORETZKY, ou Maxime MAROTTE, … ça fait quel effet ?
C’est vrai que ça fait plaisir. Par exemple, quand je me suis retrouvé pour la première fois à rouler à Ussel dans la roue de Miguel MARTINEZ, tu te dis « là t’es bon quand même », et tu te sens pousser des ailes. Tu réalises que tu es dans la roue d’un mec qui a été champion olympique, et je n’étais même pas à bloc, donc c’est vraiment jouissif.
 
Pour finir, quelle est la course ou l’épreuve qui te fait vraiment le plus rêver ?
Il n’y en a pas forcément une en particulier. Mais je dirais les Coupes du Monde en général, car il y a toujours une superbe ambiance. Et à chaque fois que j’arrive sur une Coupe du Monde, je me dis que c’est vraiment trop bien, que c’est un autre monde, c’est complètement différent.
Après, il y a les Championnats du Monde que je n’ai jamais fait, et que j’aimerais bien faire. Pour les Jeux Olympiques, on verra peut-être plus tard, mais pour le moment ce sont les Mondiaux qui me font rêver.
 
Et ton rêve en dehors du cyclisme pour les années futures ?
Je veux terminer mes études et puis ensuite, avoir un travail qui me passionne. Je n’ai pas envie de m’ennuyer dans un bureau par exemple, j’aimerais vraiment prendre du plaisir dans ce que je fais. Ça pourrait être dans le ski ou dans le vélo, peu importe, mais j’aimerais gagner ma vie en faisant quelque chose où je prends du plaisir.
 

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