Comité Régional de Cyclisme Poitou-Charentes
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Entretien avec Jérémy BELLICAUD

Jérémy, tu as gagné à Confolens le week-end dernier, racontes-nous comment cela s’est passé ?
Il y a toujours eu un groupe devant et je suis resté tranquille pendant la moitié de la course. J’avais un équipier à l’avant, Damien PINOT, et quand ils se sont retrouvés à 4, j’ai senti que c’était le bon coup donc je suis sorti. Nous étions 2 et nous sommes revenus sur l’échappée assez rapidement. Ensuite, Damien a roulé pour que je puisse essayer de gagner, et à 2 km de l’arrivée, j’ai attaqué dans la dernière difficulté et j’arrive seul avec quelques mètres d’avance.
 
Pour ta première victoire, à Gourgé au début du mois, le scénario de la course avait été complètement différent ?
A Gourgé, la météo n’était vraiment pas bonne et les coureurs se sont vite « pliés les ailes ». C’était très dur avec le froid donc la concurrence s’était éteinte plus vite. Nous étions partis à 3 et nous sommes arrivés à 2 pour la victoire.
 
Tu n’as pas mis très longtemps pour lever les bras, cela va certainement t’apporter pas mal de confiance pour la suite ?
Oui tout à fait. L’objectif était d’essayer de monter en 1ère catégorie assez rapidement. Je ne pensais pas gagner aussi tôt dans l’année car, généralement, je n’apprécie pas le début de saison à cause de la pluie. Finalement, j’ai réussi à gagner rapidement donc c’est une bonne chose.
 
Comment expliques-tu ce début de saison réussi alors que ce n’est pas ta meilleure période habituellement ?
J’avais fait un bon hiver pour bien me préparer et en étant à la Faculté, j’ai beaucoup plus de temps pour rouler. En Terminale l’an dernier, c’était très compliqué puisque je ne pouvais même pas sortir le mercredi après-midi et j’avais cours tous les jours de la semaine. J’étais obligé de m’entraîner le soir, la nuit, l’organisation était vraiment difficile. Cette année, tout se déroule bien et je peux m’entrainer quand je veux ou presque.
 
Que fais-tu comme études et qu’est-ce que cela change par rapport à l’année dernière ?
Je suis à la Faculté des Sports d’Angoulême. C’est vraiment pratique, je suis au Top 16, je fais mes études à Angoulême, donc tout est parfaitement réuni.
Au Lycée, je faisais 35 h par semaine, et aujourd’hui à la Faculté, c’est 20-25 h par semaine donc c’est bien mieux. Et puis, avec le statut de sportif de haut niveau que m’offre l’équipe, j’ai des aménagements d’emploi du temps donc c’est vraiment bien. Même lorsque l’on part en déplacement avec l’équipe, je peux demander à avoir un aménagement d’horaires donc c’est vraiment top.
 
Par contre, cela te rajoute des heures de sport, comment fais-tu pour gérer ?
Au début de l’année, c’était vraiment dur physiquement, c’était tendu. Même psychologiquement, cela était difficile, car on a déjà 10h de sport par semaine avec la Faculté et si on rajoute 15h de vélo, cela fait des semaines assez lourdes. Il a fallu adapter les charges d’entrainement et avoir du repos dans la semaine. Il faut penser à se reposer car sinon, on en finit plus et cela devient dur.
 
Arrives-tu tout de même à trouver un peu de temps pour rouler avec ton club ?
C’est assez compliqué car nos horaires ne correspondent pas. Je m’entraine beaucoup avec Romain LE HENAFF car on arrive à trouver des créneaux pour rouler ensemble. Sinon, avec le club, on se voit pendant les courses et les stages.
 
Tu as intégré l’équipe Océane Top 16 cette année, peux-tu nous parler de ton intégration ?
Mon intégration s’est très bien passée, je connaissais déjà les encadrants, Stéphane et Michel BAUCHAUD, et je savais que c’était une équipe intéressante pour moi. Ce qui me plaisait, c’est qu’ils ont des places « d’aspirants », ce qui nous permet de rester en 2ème catégorie tout en ayant une place au sein de l’équipe. C’est vraiment bien car cela nous permet d’évoluer à notre rythme. Ensuite, l’ambiance est bonne, c’est une grande famille, donc je m’y plais beaucoup.
 
Quels sont les coureurs avec qui tu es le plus proche dans l’équipe ?
Romain LE HENAFF, qui est également « aspirant », on se connaissait déjà à travers l’équipe Poitou-Charentes en juniors, et nous sommes des grands copains. En plus, nous n’habitons pas loin donc on peut se retrouver pour rouler ensemble, ce qui permet aussi de nous tirer vers le haut.
 
Et quels sont ceux qui t’apportent le plus ?
Les coureurs d’expérience tels que Yoann PAILLOT ou Clément SAINT MARTIN. Avec leur vécu, ils peuvent vraiment aider les jeunes comme nous. Mais les autres coureurs également, ceux qui étaient déjà dans l’effectif, nous aident pas mal car ils connaissent le « métier » donc c’est intéressant.
 
Dès tes premières courses élite, notamment sur l’Essor Basque, on t’a vu à l’attaque. Certains auraient peut-être été impressionnés, ce qui n’est pas ton cas, comment fais-tu ?
Je cours sans complexe, je me dis que si les autres ont le niveau, pourquoi pas moi. Au moment où cela a attaqué, je n’ai pas hésité. Déjà, j’avais pour consigne de suivre les attaques des concurrents et quand j’ai vu qu’il y avait des professionnels qui passaient à l’offensive, je me suis dit qu’il fallait y aller. D’autant plus que je sentais que j’étais en forme dès que la route s’élevait donc je les ai accompagné et cela s’est bien passé. J’ai pris pas mal d’expérience et je n’hésiterai pas à le refaire si j’en ai l’occasion.
 
Tu t’es donc retrouvé échappé aux côtés de 2 « clients », Nicolas Baldo (HP BTP-Auber 93) et Thomas Rostollan (Armée de Terre), c’était lors de la 4ème épreuve de l’Essor Basque, racontes-nous ta journée à l’avant et ce que tu as ressenti ?
Déjà, j’ai senti que c’était autre chose ! Lorsque c’était roulant, ils avaient bien plus de force et de maturité physique, je l’ai tout de suite compris. Mais, avec mon petit gabarit, lorsque la route s’élevait, je voyais que j’étais à l’aise. Du coup, je ne faisais pas de complexe, j’ai pris les relais comme eux, et cela s’est bien passé. En plus, ils m’ont donné 2 ou 3 conseils pendant la course, on a pu discuter un peu donc c’était vraiment bien, très enrichissant.
Sur le moment, cela ne m’a rien fait de spécial, je n’avais pas réalisé. Mais à l’arrivée, on m’a fait remarquer que j’étais échappé avec 2 professionnels donc je me suis dit que c’était déjà ça de pris pour la saison, c’était une belle expérience.
 
Au cours de cette course, tu as dit que tu te sentais à l’aise dans le col franchi à 3 reprises. On a le sentiment que tu as plutôt un profil de grimpeur. Est-ce également ton avis et dans quels domaines te sens-tu capable de progresser ?
C’est certain, j’ai vraiment un profil de grimpeur. Peut-être que dans les années à venir, si je prends un peu de poids, je pourrais éventuellement marcher en chrono ou lorsque c’est un peu plus plat. Mais pour l’instant, avec mon petit gabarit, je sens la différence entre les montées et le plat. Quand c’est plat, je subis un peu plus quand même. Je vais donc essayer de continuer à travailler les qualités de grimpeur sans pour autant délaisser le reste, car c’est important, surtout en amateur où il n’y a pas énormément de courses avec beaucoup de dénivelé positif.
 
Comment fais-tu pour travailler tes qualités de grimpeur car nous ne sommes pas dans la région idéale ?
Non, mais nous avons prévu d’aller faire des stages dans les Pyrénées au mois d’avril. On va faire des cols pour progresser et développer cette filière-là.
 
Puisque nous parlons de progression, qui est ton entraîneur et quelle est ta semaine type d’entraînement ?
Mon entraineur est Stéphane BAUCHAUD, il me fait des plans d’entraînement avec les semaines à réaliser. J’ai un travail à effectuer qui est différent selon les journées, mais aussi selon les objectifs à venir. Dès l’an dernier, je m’étais habitué à travailler avec un vrai entraineur, et j’en avais vraiment ressenti les bienfaits. C’était Paulin ALLIN qui me l’avait proposé dans le cadre de ses études et j’avais trouvé cela super. Il y avait pas mal de dialogues et cela m’avait permis de progresser. J’ai découvert ce que c’était que de s’entrainer sérieusement, en sachant ce que j’avais à faire chaque jour de la semaine. Cette année, cela est poussé encore plus loin, avec des charges plus importantes, et c’est vraiment bien.
 
Pour la suite de la saison, quel est ton programme et quels sont tes principaux objectifs ?
Mon objectif dans l’immédiat est de gagner 2 nouvelles courses en 2ème catégorie pour monter en 1ère. Ensuite, c’est de participer à la Ronde de l’Isard avec le Top16, qui est une classe 2 espoir, donc une course d’un bon niveau, et j’ai envie de voir ce que cela donne dans les cols. Ce sont de sacrés étapes et après cela, on verra sur quelles épreuves l’équipe m’alignera. Pour le moment, on nous demande d’évoluer à notre rythme et le programme sera affiné en cours d’année.
 
As-tu des objectifs chiffrés en termes de podiums et de victoires ?
Déjà, obtenir mes 4 victoires en 2ème catégorie, et ensuite de pouvoir faire la course sur les épreuves de 1ère catégorie. J’aimerais m’aligner sur de belles courses en 1ère ou en Élite et voir ce que cela peut donner. C’est une année pour découvrir, je pense, et pour ce qui est des résultats à haut niveau, on verra l’an prochain. Mais si les résultats viennent dès cette année, tant mieux, tout est bon à prendre.
Sur les épreuves de 1ère catégorie, je sens que j’ai le niveau pour faire la course, il me manque un peu d’expérience, mais je pense que d’ici peu de temps, cela va venir. Je me fais vraiment plaisir sur le vélo et c’est le principal.
 
As-tu pris l’habitude de comptabiliser tes succès et tes podiums depuis que tu as commencé à courir ?
Non, je ne les comptabilise pas vraiment. Je marque toutes mes places sur un carnet mais je n’ai pas tendance à le regarder souvent. Je prends tout ce qui est bon à prendre sans trop m’en préoccuper.
 
Nous venons d’évoquer tes débuts, et même si tu as un nom suggestif dans le cyclisme régional, peux-tu nous raconter comment tu as découvert le cyclisme et depuis quand tu pratiques ?
Ah, effectivement, j’allais voir mon père sur les courses quand j’étais petit et cela m’a vraiment marqué. Dès tout jeune, je voulais faire du vélo mais je ne savais pas du tout comment cela se passait. Je souhaitais commencer en école de vélo mais mon père n’était pas très chaud par rapport à cela, il ne voulait pas que l’on commence trop tôt. Au bout d’un moment, il a accepté de nous inscrire sur une course. Avec mon frère, nous avons participé à une épreuve à La Couronne, cela nous a tout de suite plu et nous avons continué. J’avais environ 10 ans et depuis, j’enchaine les compétitions tous les week-ends !
 

En 3 questions

La course que tu rêves de gagner
Je ne sais pas du tout…
 
Ton modèle
Chez les professionnels, Bradley WIGGINS, qui a une grosse classe, et qui est capable de briller sur la piste et sur les grands tours. C’est vraiment un coureur que j’apprécie.
Chez les amateurs, Yoann PAILLOT, qui « écrase les pédales » !
 
Ton rêve
De passer professionnel, je pense, comme tout jeune cycliste, mais c’est compliqué d’y arriver. On fait tout pour et on verra …
 

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