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Entretien avec Yoann PAILLOT

Tu as appris tardivement dans l’intersaison que tu ne serais pas conservé chez les professionnels. Qu’est-ce qui t’as remotivé pour reprendre en amateur ?
Oui j’ai appris tardivement que je ne serais pas dans l’effectif 2016 du Team Delko-Marseille Provence. Sur le coup cela m’a fait un choc. Mais j’ai tout de suite cherché dans d’autres équipes. Malheureusement il était déjà trop tard dans l’intersaison, la plupart des effectifs étaient bouclés alors je n’ai pas trouvé de nouveau contrat professionnel.
Mais je ne me voyais pas arrêter comme ça sur un coup de tête et je tenais à continuer, même en amateur. Surtout qu’à ce moment-là un bon nombre de DN1 m’ont contacté. Et naturellement, mon entraineur étant Stéphane BAUCHAUD, le manager d’Océane - Top 16, j’ai décidé de revenir aux sources dans la DN1 Charentaise.

Tu fais un excellent début de saison, toujours à l’avant en Elite, pensais-tu gagner si tôt dans la saison à l’Essor Basque ?
Non ! Très franchement je savais que j’avais fait un bon hiver à l’entrainement et que j’avais de bonnes sensations. J’étais également très motivé pour les compétitions, mais je n’avais pas imaginé pouvoir gagner dès la 2ème course de l’année, surtout en Elite.
 
Tu n’avais pas gagné depuis combien de temps ? A quel endroit ?
Ma dernière victoire remontait à 2013 sur les championnats de France Espoirs à Lannilis (29) si je me souviens bien. Mais c’était sur le contre la montre. Ma dernière victoire sur une course en ligne… je ne l’ai plus en tête.
 
Après ton déclassement au Souvenir Jean Masse pour une erreur de l’organisation, tu as encore vite rebondi en terminant sur le podium des Vallées de la Loire (Dimanche 28/02). Comment faire face à cette armada du Vendée U qui a pris les 2 premières places ce jour-là ?
Ce jour-là je savais que j’étais très fort car le week-end d’avant je gagnais en étant malade (Souvenir Jean Masse). Jusqu’au circuit final j’ai fait la course parfaite, sans trop bouger en attendant les tours de circuit. Il fallait tout de même être appliqué pour suivre les « Vendée U » dans les bordures sur la partie en ligne. En arrivant sur le circuit final les attaques fusaient car on était trop nombreux. Je me suis contenter de suivre jusqu’à 30 km de l’arrivée où je suis sorti avec un coureur de Vendée U et un autre de l’UC Nantes Atlantique.
J’étais le seul à rouler car le Nantais et le Vendéen avaient des coéquipiers derrière. Après un regroupement puis une nouvelle attaque je me suis retrouvé seul avec deux coureurs du Vendée U. Ils m’ont attaqué à tour de rôle, ma seule chance était de lancer mon sprint de très loin, aux 500 mètres. Mais ils ont réussi à me déborder à quelques mètres de la ligne…
J’aurais aimé une difficulté supplémentaire sur le circuit pour peut-être faire la différence.
 
Sur le plan personnel, après 3 semaines de courses, quels sont tes objectifs pour la saison ?
Pour l’instant je prends les courses les unes après les autres. Mais mes premiers objectifs approches : Bordeaux-Saintes (13 mars), le Grand Prix de Buxerolles (20 mars) puis les Boucles de l’Artois (2 & 3 Avril) le Tour du Lot et Garonne (17 avril) et après il y aura bien-sûr le Championnat de France à Vesoul (CLM le 23 et en ligne le 25 Juin) qui sera un objectif. Voilà pour mes grands rendez-vous lors de la première partie de saison.
 
En contre la montre ton palmarès est impressionnant : 3ème du Championnat de France Juniors en 2009, Champion d’Europe Espoirs en 2011, Champion de France Espoirs, Vainqueur des Jeux Méditerranéens et Vice-Champion du monde en 2013 où tu avais relégué Stefan KUNG à 50 secondes… Depuis plus de référence chez les professionnels : Comment tu expliques cela ?
En passant chez les professionnels l’équipe me faisait confiance. La première année j’ai fait des bons résultats en CLM. Mais ensuite j’ai perdu mes repères car j’avais un gros programme de courses, mais où il y avait rarement des CLM. De plus lorsque l’on court beaucoup, on a moins de temps pour bien se préparer à l’entraînement. Et les efforts solitaires, ça se prépare ! Autre point important lors de la deuxième saison pro, j’ai changé de vélo et je n’ai jamais réussi à trouver mon ancienne position, ça a forcément joué sur mes performances.
 
Tu dois avoir envie de préparer à nouveau cette spécialité ?
Oui cette année je vais avoir le temps de mieux me préparer car déjà, j’aurais mon vélo perso chez moi et mon entraîneur pour faire du « derrière-scooter », comme à l’époque ! Tandis que chez les pros je n’avais même pas mon vélo de chrono chez moi ! Quand on sait qu’un spécialiste se doit de rouler au moins une fois par semaine dessus… c’était compliqué d’être performant.

Sur le plan collectif, l’effectif d’Océane-Top 16 est dense cette saison avec 18 coureurs. Quel est ton rôle ?
J’ai principalement un rôle de leader. En particulier sur les Coupes de France où je serai chargé de marquer le plus de points possible. Mais bien-sûr sur les courses susceptibles d’arriver au sprint je devrais utiliser mon expérience acquise avec les professionnels pour emmener les sprints. Surtout que l’on possède deux très bons sprinteurs dans l’équipe.
 
On peut dire que tu commences à avoir de l’expérience dans le cyclisme, à ton avis, quels sont les possibilités de l’équipe en 2016 (en coupe de France et sur les autres épreuves) ?
On a une grosse équipe sur le papier. On peut être performant sur quasiment tous les terrains. Et tout particulièrement sur les contre la montre par équipe, ce qui sera primordial pour la Coupe de France. Je pense vraiment qu’on peut atteindre le TOP 5 de la Coupe de France au classement général. Ce doit être faisable alors j’espère qu’on y parviendra.
 
Quelles sont les grosses différences entre les courses professionnelles et amateurs ?
Chez les professionnels ça roule beaucoup plus vite en fin de course (la dernière heure bien souvent) et les sprints sont véritablement préparés et emmenés. Alors qu’en amateur les schémas de courses sont moins stéréotypés. Il arrive souvent que ça « bagarre » toute la course, avec des attaques permanentes et la possibilité que les échappées se jouent la victoire.
 
On peut donc dire que les scénarios amateurs te conviennent bien ? Mais ça n'est pas plus facile que certaines courses pros ?
Il y a quand même des courses similaires maintenant chez les amateurs. Comme par exemple le peloton qui laisse filer un petit groupe et qui gère toute la course pour revenir dans le final.
Mais lorsque c’est débridé, ce n’est pas plus facile, au contraire. C’est alors la fraîcheur qui compte dans la dernière heure. Ce qui change d’ailleurs avec les courses pros, c’est que les courses sont moins longues.
 
Coureur sur route, spécialiste du CLM, cyclo-crossman aguerri… tu n’as pas envie de te mettre à la piste ? Avec Sylvain CHAVANEL, nouveau champion de France de poursuite, cela pourrait faire une belle région de « rouleurs sur piste » non ?
J’ai fait un petit peu de piste dans les jeunes catégories. Avec Sylvain on se connait bien, il est venu me voir il y a quelques temps pour me demander si j’étais partant pour faire une équipe de poursuite dans la région. Alors comme j’ai deux coéquipiers qui font de la piste (Clément BARBEAU et Mathias LE TURNIER), on en discute avec mon entraîneur. Ce serait intéressant. Mais je garde une priorité à la route pour le moment.
 
Enfin, quelle est la course ou l’épreuve qui te fait vraiment le plus rêver ?
Sans hésiter le Championnat de France ! Car on a la possibilité de porter un maillot tricolore toute une saison.
 
Et ton rêve en dehors du cyclisme pour les années futures ?
Lorsque j’arrêterai le cyclisme, j’aimerai bien travailler au sein d’une équipe professionnelle en tant que mécanicien.
 

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