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Entretien avec Willy PERROCHEAU

Entretien réalisé le 13 mai.
Willy, le Championnat Régional Poitou-Charentes aura lieu à St Projet le dimanche 04 juin. Tu as remporté ce titre à 3 reprises, cette course doit avoir une saveur particulière pour toi ?
Même si c’est une course comme les autres, il y a un titre régional donc cela tient toujours plus à cœur qu’une course classique. J’ai gagné 3 fois, et je pense que c’est la dernière année où cela va se jouer au niveau du Poitou, avec le changement des régions, donc je vais essayer de le remporter pour une 4ème fois. Il faudra voir comment cela se passe.
 
Tu auras donc pour objectif de gagner ?
Oui, comme tout coureur. Chaque coursier a cet objectif en tête dans la saison.
 
Connais-tu le parcours et que penses-tu du circuit ?
Je suis allé le repérer en voiture puisque mes parents n’habitent pas loin. En voiture, on ne se rend pas compte de la même manière qu’en vélo. Mais je pense que c’est un circuit assez usant, assez « casse-patte » car il n’y a pas vraiment de plat et ce sont des petites routes.  Je voulais le reconnaître en vélo mais c’est un peu loin de chez moi, et comme je ne peux rouler qu’après le travail, c’est compliqué. Je l’ai juste repéré en voiture et on verra sur place.
 
Comment imagines-tu le déroulement de la course ?
Il peut y avoir plusieurs situations. Ce sont des petites routes donc cela peut partir à bloc d’entrée et faire barrage au niveau des petites routes. Je pense par exemple aux coureurs du Top16 qui seront pas mal représentés. Il peut y avoir un coup de ce type, sinon cela pourrait également se faire à l’usure et se décider sur la fin. Un championnat, c’est aléatoire, mais en principe, cela se fait toujours avant la mi-course.
 
Tu as parlé du Top16, pour toi, quels seront les coureurs à surveiller ?
Chez eux, si personne ne perd les sensations qu’ils ont actuellement, il faudrait se méfier des ¾ de l’équipe parce qu’ils marchent vraiment bien tous en ce moment. Ils sont dans une bonne spirale et s’ils continuent comme cela jusqu’au championnat, la plupart de leurs coureurs seront dangereux.
 
Si tu devais donner 2 ou 3 noms …
Pour moi, le circuit n’est pas extrêmement difficile, donc ceux qui vont vite au sprint ne vont pas lâcher facilement. Je pense à Alexis DILIGEART et à Jayson ROUSSEAU. Ensuite, sur un circuit comme celui-là, Yoann PAILLOT, Clément SAINT MARTIN, Vadim DESLANDES, ou Lucien CAPOT peuvent également tirer leur épingle du jeu.
 
On comprend que le Top16 fait un peu office d’épouvantail, c’était d’ailleurs également le cas ces dernières années. Par contre, avec votre équipe, mais aussi l’EC Team Poitou Mondovélo, on se dit que ce sera peut-être un peu plus équilibré, non ?
Oui je pense que cela va être un peu plus équilibré que l’année dernière. L’an dernier, nous n’avions qu’un ou deux coureurs en condition ce jour-là, donc pour rivaliser face à eux, c’était un peu compliqué. Là, nous sommes aussi dans une bonne spirale, on a de bons résultats, notamment les jeunes, qui étaient au Tour des Cantons Mareuil-Verteillac-Ribérac, et qui ont bien marché. Ce sont des jeunes qui savent gérer leur condition et ils devraient encore être en forme pour le Championnat, on fera en sorte, en tout cas. Je pense que nous allons peser un peu plus sur la course cette année.
 
Vous n’êtes que deux, avec Christophe ALLIN (début des années 90), à avoir remporté ce Championnat à 3 reprises. Quel est le secret de ta réussite ?
Je n’ai pas de secret. Tout le monde me dit que je prépare le Championnat Régional à fond mais ce n’est pas forcément vrai. Le premier titre que j’ai remporté, je ne l’avais pas vraiment préparé, le deuxième non plus. Le seul que j’ai préparé, c’est celui de Champniers en 2014. C’était à côté de chez moi, tout l’hiver, j’étais allé repérer le circuit et je m’étais entrainé dessus. J’avais vraiment tout regardé, c’était en plus des routes que je prenais quand j’étais jeune donc que je le connaissais par cœur. Celui-là, je l’avais vraiment préparé et je voulais absolument gagner pour être un des seuls à le remporter 3 fois. Mais les autres années, j’y allais avec la condition que j’avais sans faire de préparation spéciale.
Bien sûr, j’espère pouvoir le remporter à nouveau et ainsi être le seul coureur à avoir réussi à gagner 4 fois, mais si cela ne marche pas, ce n’est pas grave. Comme on dit, ce n’est pas une affaire d’état, le vélo, c’est comme ça, on sait que c’est aléatoire.
 
Parmi tes 3 succès, quel est ton meilleur souvenir ?
Mon meilleur souvenir… Celui de Champniers en 2014… mais aussi le premier à L'Isle d'Espagnac en 2010. Le premier, parce que j’étais face à 4 coureurs du Cycle Poitevin. J’avais eu un dernier tour vraiment difficile car ils n’ont fait que m’attaquer. C’est un titre qui me tient à cœur car j’étais allé au bout de moi-même pour aller chercher cette victoire. Mais en 2014 aussi, à Champniers, nous n’étions que 2 du club dans l’échappée, les autres étaient presque tous du Top 16. Et pareil, à la fin, j’en avais 3 ou 4 sur le porte-bagage donc celui-là aussi me tient à cœur car il a fallu que je rivalise avec ces coureurs qui marchaient fort. On va dire le 1er et le 3ème, celui du milieu, j’étais surpris de gagner une deuxième année consécutive, mais il passe après les deux autres.
 
Pourtant, lors de ton deuxième titre à Luchapt en 2011, tu étais un peu dans la même configuration avec une situation d’infériorité également …
Non, c’était différent car il y avait des coureurs du Top16 et du Cycle Poitevin. Il y avait plusieurs équipes représentées donc il n’y avait pas besoin de faire trop d’efforts pour aller chercher la gagne. Il y avait juste à suivre car le Cycle et le Top 16 s’attaquaient et j’ai presqu’un peu été oublié. C’est ce qui a fait, je pense, que j’ai pu m’imposer.
 
En quoi cette course est-elle particulière et as-tu une manière différente de l’aborder ou de la préparer ?
Pour moi, non, il n’y a pas de manière différente de l’aborder. Mais c’est une course différente car c’est un championnat donc cela ne se court pas pareil. Même si nous sommes en équipe, tout le monde veut gagner, c’est différent d’une course à étapes dans laquelle il y a un leader ou un capitaine de route et chacun court pour un coéquipier. Sur un championnat, même si on est en équipe, chaque coureur veut jouer sa carte et c’est ce qui fait la différence.
Tout le monde veut gagner, même si on essaie de ne pas se courir dessus pour ne pas créer de problème, mais c’est ce qui est compliqué.
C’est un peu ce qui était arrivé au Top16 avant leurs 2 dernières victoires. Je les avais regardés du bord de la route car je n’étais pas en condition et ils se roulaient dessus puisque tout le monde voulait gagner. Un championnat, c’est particulier.
 
Quelle est ta forme à moins de 3 semaines du Championnat et comment vas-tu peaufiner ta préparation ?
Ma forme est actuellement correcte, peut-être pas à 100 %, mais elle est correcte. Je ne vais pas me préparer spécialement pour ce jour-là, je vais continuer à m’entrainer et essayer de garder la condition que j’ai actuellement, voire la faire progresser.
 
On sait que la confiance est également importante. Tu as une victoire (à Louisfert le 17 avril) et un podium, ton début de saison correspond-il à tes attentes ?
Oui. L’hiver, je m’entraine moins qu’avant pour arriver en forme plus tard. Pour l’instant, je suis même surpris d’avoir gagné si tôt, donc je suis satisfait. Cette année, en principe, je suis plus là pour guider les jeunes en tant que capitaine de route, donc forcément les résultats ne seront pas aussi bons que les autres années. Je suis donc agréablement surpris par mes résultats en ce début d’année.
 
Tu es donc capitaine de route cette année, est-ce un nouveau rôle pour toi ?
C’était déjà un peu le cas auparavant mais les jeunes n’avaient peut-être pas encore les capacités pour aller s’imposer. Cette année, nous avons des jeunes qui ont beaucoup progressé par rapport à la saison dernière et qui sont capables d’aller gagner. Donc oui, c’est beaucoup plus mon rôle cette année que les précédentes.
 
Quand on a été leader d’une équipe, est-ce qu’il n’est pas difficile de se retrouver capitaine de route, rôle qui est important mais dans lequel on est moins exposé ?
Non, la roue tourne comme on dit. J’arrive dans des années où il faut tourner la page et laisser la place aux jeunes, et j’apprécie justement que le club me conserve pour transmettre mon expérience aux jeunes. C’est quelque chose que je faisais naturellement avec les jeunes. Même si je faisais ma course en tant que leader, dès que je pouvais les guider, je le faisais.
Cette année, je suis plus là pour guider que pour aller chercher la gagne et cela ne me dérange pas du tout. Les jeunes que l’on a sont capables d’être leader, donc je n’ai pas de problème là-dessus.
 
Au niveau collectif, êtes-vous satisfait du début de saison de l’équipe ?
Oui, cette année, cela se passe très bien. Il y a une bonne entente et il n’y a pas de mot plus haut que l’autre. Quand cela ne va pas en course, on essaie de se remonter le moral et de rouler pour essayer de revenir sur l’échappée que l’on a ratée. Au niveau collectif, c’est vraiment parfait je dirais. Après, il n’y a plus qu’à avoir le petit truc en plus pour avoir la réussite. Quand on voit ce que les jeunes ont fait au Tour des Cantons Mareuil-Verteillac-Ribérac, je pense que c’est en train de venir donc on ne devrait pas tarder à briller.
 
Vous venez de participer aux Boucles Nationales du Printemps, qui était la 2ème manche de la Coupe de France des DN2, avec une 2ème place le premier jour. Êtes-vous satisfaits ?
Dans l’ensemble c’est assez satisfaisant car nous avons marqué des points. Nous ne sommes pas rentrés « bredouilles » comme lors de Bordeaux-Saintes. Nous sommes surtout contents de la 1ère étape puisque nous nous sommes retrouvés à 2 de l’équipe devant sur 26 coureurs, ce qui nous a permis de marquer pas mal de points. La seconde étape, nous avons roulé pour Mariusz GASIOROWSKI qui avait fait 2ème la veille, mais il ne nous a pas dit qu’il n’était pas tellement bien. Nous avons donc laissé pas mal de forces, avec Killian LARPE, pour rien, ce qui a fait que nous n’avons pas marqué de point. On a travaillé pour qu’il puisse conserver sa 2ème place au général, voire chercher la gagne, mais en fait il n’était pas si bien que cela. S’il nous avait prévenus, nous aurions changé la tactique de course et on aurait pu, éventuellement, marquer d’autres points sur la 2ème étape.
 
Le bilan est tout de même positif après ces 2 jours de course ?
Le bilan est satisfaisant car nous sommes remontés à la 11ème place au classement et nous sommes à peine à 20 points de la 7ème ou 8ème place. C’est plutôt satisfaisant, même si ce sera compliqué d’être dans les 8 premières équipes pour aller aux Championnats de France. Si nous avions fait ce qu’il fallait lors de la 2ème étape, et ainsi obtenir les points prévus, on aurait pu être 7ème ce qui aurait été de bon augure. Il faudra que l’on fasse un gros coup aux Boucles de la Marne à la fin du mois, et que les équipes qui sont devant nous, ne marquent pas trop de points. Ce sera compliqué mais c’est jouable, ce n’est pas perdu.
 
L’épreuve étant organisée par votre club, il s’agissait donc d’un moment fort de votre saison ?
Oui, c’était important pour nous. C’est nous qui organisions, presque tous les sponsors étaient présents, donc on a tout fait pour briller. La 1ère étape, c’était très satisfaisant, on loupe la gagne pour même pas un boyau. L’équipe avait bien travaillé toute l’étape. Lors de la seconde, on a tout le temps été représenté dans les coups. Malheureusement sur la fin, quand les coups sont partis, nous n’avons pas pu y aller car, avec Killian, nous avions laissé des forces pour Mariusz. Sinon, globalement par rapport à l’organisation et aux sponsors, c’est très satisfaisant. Tout le monde est content.
 
Cela ajoute-t-il une pression supplémentaire ?
Nous avions un peu plus de pression car si on ne fait pas de résultat et que l’on ne marche pas devant les sponsors, avec tout ce qu’ils font pour nous toute l’année, cela aurait été décevant. Mais on savait que l’on était tous en condition par rapport aux résultats du week-end précédent, et que l’on pouvait aller chercher des résultats.
 
Quel est ton regard sur le niveau de l’équipe et la qualité de la structure ?
Chaque coureur à son niveau mais lorsque l’on regarde ceux qui étaient déjà là l’année dernière, on voit qu’ils ont beaucoup progressé. Je pense à Valentin PETITEAU par exemple. Killian LARPE a lui toujours bien marché, c’est une valeur sûre de notre équipe. Les nouveaux, je ne les connaissais pas trop mais ils montrent déjà de belles choses. Je pense que cela va monter en puissance d’ici la fin de la saison et l’année prochaine.
Nous sommes très bien encadrés, il n’y a rien à se reprocher. Le club fait vraiment tout pour que l’on soit en bonne condition. C’est même de mieux en mieux et cela ne peut que continuer. A par moi, qui suis le « vieux de l’équipe » comme ils m’appellent, l’équipe est orientée sur les jeunes. L’idée est de faire monter les jeunes au plus haut niveau possible. Le but du club est de recruter des jeunes, les faire progresser, et pourquoi pas, les amener plus haut, vers des équipes plus importantes.
 
Pour la suite de la saison, quel est ton programme et quels sont tes principaux objectifs ?
Il y aura bien sûr le Championnat Régional comme tout le monde, mais je n’ai pas forcément d’objectif. J’aimerais bien que l’on soit qualifié pour aller aux Championnats de France ce qui veut dire qu’il faudrait que l’on soit dans les 8 premiers de la Coupe de France DN2. C’est un des objectifs car j’arrive à 34 ans et je voudrais encore faire le Championnat de France au moins une dernière fois, notamment avec les jeunes du club pour pouvoir leur faire profiter de mon expérience des années où j’ai connu ce Championnat de France. Ensuite, dans l’été, je pas forcément d’objectif, je vais prendre les courses comme elles viennent et on verra.
 
Pour en savoir un peu plus sur toi, peux-tu nous raconter comment tu as découvert le cyclisme ?
C’est mon beau-père qui m’a fait découvrir le vélo. Il en faisait, son fils également, alors que moi, je faisais du foot. La première année, j’ai fait un peu les deux, et ensuite, j’ai vu qu’en vélo cela marchait bien.
Le foot, c’était plus collectif, alors qu’en cyclisme, j’ai commencé dans un club où j’étais seul donc je courrais pour moi. Quand on est jeune, on regarde les récompenses. En foot, on gagnait les matchs mais les récompenses allaient plus aux clubs et pas forcément à soi. Alors qu’en vélo, tu es récompensé personnellement de tes résultats.
Je me suis tourné donc vers le cyclisme et je n’ai plus arrêté depuis l’âge de 13 ans. Cela fait donc de longues années que je « suis sur la selle » comme on dit !
 
Peux-tu nous faire, en quelques mots, un résumé de ton parcours dans le vélo ?
J’ai fait mes années de minime, cadet, et junior à l’AC Nersac. Cela s’est très bien passé, j’étais bien entouré. C’était un peu plus difficile en course car j’étais souvent tout seul, donc pour apprendre à courir, ce n’est pas simple. Je me faisais aider par des amis en course, c’est comme cela que j’ai un peu appris à courir.
Ensuite, je suis parti à Marmande jusqu’en 2007. Au début, c’était un peu compliqué car c’était la première fois que je courais en équipe. Il faut du temps pour s’adapter au fait d’avoir des coéquipiers et de rouler pour eux, car je n’étais pas leader. Mais c’est venu, j’ai facilement trouvé le bon chemin et cela s’est bien passé. Puis, je suis devenu leader dans les années 2005/2006. Après, j’ai essayé de passer professionnel, mais je n’y arrivais pas car je travaillais à côté. Je faisais les 2 en même temps au cas où cela ne marcherait pas. J’ai bien fait puisque ça n’a pas fonctionné.
Par la suite, j’ai décidé de revenir dans le Poitou. De 2008 à 2012, j’ai été au CA Civray avec l’entente Nord Charente en DN3. J’ai retrouvé des copains avec qui j’avais couru en junior comme Eric LECOANET par exemple. Après, l’équipe de DN3 s’est arrêtée, et je suis allé à l’A PO GÉ en 2013, qui me sollicitait déjà depuis 2 ans. Aujourd’hui, j’y suis bien, c’est comme une famille donc je pense que je ne vais pas partir tout de suite.
 
Au niveau de ton palmarès, as-tu une idée de ton nombre de victoires et de podiums depuis tes débuts ?
Très bonne question, je n’ai pas compté. Je note mes entrainements et les courses avec mes places sur des cahiers et il faudrait que je les ressorte... J’ai entendu à Bordeaux-Saintes que le speaker disait que j’avais une centaine de victoires. Je ne sais pas si c’est le chiffre juste, il faudrait que je compte pour en être certain mais si on prend depuis mes débuts, je pense qu’il ne doit pas être loin.
 
Pour toi, quelles sont les principales lignes sur ton palmarès ?
Il n’y en a pas spécialement… Peut-être ma première course élite gagnée, le Tour du Lot-et-Garonne. C’était devant un ex-professionnel, Gilles CANOUET, qui était chez Agritubel. J’étais assez jeune et c’est une victoire qui m’a touché. En étant chez les jeunes, il y a une victoire qui m’a fait du bien, c’est la Bernaudeau Junior en 2001. Il n’y en a pas beaucoup qui la gagne et si je devais retenir une seule victoire, ce serait celle-ci.
 
Tout le monde s’accorde à dire que tu es un coureur malin et que tu « sens très bien la course ». Est-ce également ton sentiment ?
Malin, oui, je suis très malin, c’est vrai. Après « sentir la course », cela ne marche pas toujours. C’est vrai que je me trompe très rarement quand c’est la bonne… Mais malin, je suis surtout malin. Je sais bluffer facilement et les gens ne savent pas quand je bluffe ou pas. Je pense que c’est aussi cela qui fait ma force.
 
D’où te vient cette qualité ? Est-ce inné ou est-ce un domaine qui peut se travailler ?
Non, je fais cela naturellement, je n’ai pas spécialement travaillé ça ! Le fait de courir souvent seul m’a peut être aidé car il faut savoir garder ses forces et être malin pour pouvoir aller s’imposer. Mais ce n’est pas un domaine que j’ai travaillé spécialement.
 
Lorsque l’on a cette réputation, on doit être surveillé de près, cela t’a t-il joué des tours parfois ?
Ca m’a joué des tours… Je me suis fait traiter, comme on dit dans le jargon, de « ratagas » mais je n’aime pas trop cela car ce n’est pas vrai. Quand je suis bien, si je suis devant, je roule, quitte à perdre la course. Si je ne roule pas, c’est que je ne suis pas bien et je vais la jouer vraiment malin sur la fin. Mais en principe, je suis réglo : si à 5 km de l’arrivée, je ne passe plus et que l’on est 4, je ne vais pas aller les « arranger », non, je vais faire 4ème. C’est la moindre des choses.
 
Malgré les saisons qui passent, on a le sentiment que tu prends toujours autant de plaisir. Est-ce le cas et combien d’années penses-tu pouvoir encore courir à haut niveau ?
Je prends toujours beaucoup de plaisir, c’est sûr. J’adore ce sport et je prends même plus de plaisir qu’avant. Car avant, j’étais concentré pour essayer de passer à un niveau supérieur alors que maintenant, c’est du vélo plaisir.
Après, je ne sais pas. Je voulais déjà ralentir un peu le pas cette année mais le club m’a beaucoup retenu pour pouvoir guider les jeunes. Donc je ne peux pas vraiment dire, il devrait y avoir encore l’année prochaine mais après je ne sais pas.
J’arrive à la fin, j’ai fait le tour de la question depuis mes 13 ans. En 1ère catégorie, on fait souvent les mêmes courses donc cela devient un peu monotone.
 
Pour durer, il faut pouvoir concilier vie professionnelle et entrainement. Cela ne doit pas toujours être évident, comment fais-tu ?
Non, ce n’est pas évident avec le travail, mais j’y arrive car cela fait des années que je fais ça donc je suis rodé. Après, c’est surtout au niveau de la vie de famille que c’est plus compliqué parce que mon fils n’aime pas quand je pars le week-end et que je ne rentre pas. Ma femme, même si elle aime le vélo, ce sont souvent des courses qui sont loin donc elle ne peut jamais venir. On ne se voit donc pas le week-end, et la semaine, ce n’est pas pareil. Je dirais que c’est plus compliqué au niveau de la vie de famille car il faut qu’ils fassent beaucoup de sacrifices pour moi. Là-dessus, je leur suis très reconnaissant car ils font tout pour que je sois au meilleur niveau le week-end. Même pour partir en vacances, c’est difficile, même si aujourd’hui, c’est un peu plus simple car le club comprend. Mais avant, on ne pouvait pas.
 
Et arrives-tu tout de même à t’entrainer suffisamment ?
Suffisamment, pour un coureur en 1ère catégorie, non. L’hiver, avec le changement d’heure, lorsque je sors du travail, il fait nuit donc je fais beaucoup de home-trainer et après je compense le week-end pendant lequel je roule beaucoup. Aux beaux jours, je peux aller rouler le soir mais je ne fais pas beaucoup d’heures de selle. J’entretiens juste. Si le week-end, on finit ses courses, la distance on l’a et si on a travaillé l’hiver, il n’y a pas besoin de faire des bornes. En tout cas, pour moi personnellement.
 
Tu nous as parlé de ton fils, quel âge a-t-il et penses-tu qu’il va se mettre au cyclisme ?
Il a 9 ans, et sans le forcer, je pense qu’il va y venir. Il me demande déjà de l’emmener mais à son âge, c’est trop tôt. C’est aussi un peu compliqué car je dois m’entrainer comme il faut. De toute manière, je ne veux pas le forcer, s’il ne veut pas en faire, il n’en fera pas, ce n’est pas un souci. Cela ne me posera pas de problème si la relève n’est pas assurée.
 
Comment imagines-tu la suite ? Te vois-tu continuer à courir à un niveau moindre et/ou t’impliquer au sein d’un club ?
Je me vois courir moins dans un premier temps pour arrêter progressivement, mais pas d’un coup. Après, si je suis toujours au club de l’A PO GÉ, et si le club continue à ce niveau-là, je pourrais travailler pour le club en tant que Directeur Sportif, dirigeant, mécano, ou venir aider les jeunes en passant des bidons au bord de la route,… J’aimerais bien. A condition qu’ils me laissent un peu tranquille et que je ne contrarie pas ma femme en partant tous les week-ends !
 

En 3 questions

La course que tu rêves (ou que tu as rêvé) de gagner
La course que j’ai rêvé de gagner, c’est le Championnat de France.
 
Ton modèle
C’est Peter SAGAN. J’aime sa combattivité, c’est un attaquant. C’est un coureur qui passe partout, à part les cols. J’aime bien ce style de coureurs. Même s’il va vite au sprint, il ne se pose pas de question, il attaque, il n’attend pas. J’aime sa façon de courir.
 
Ton rêve
Je ne sais pas… Jeune, j’aurais répondu : « passer professionnel » !
 

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