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Alain LAGARDE

Le VC Champagnollais organise sa traditionnelle réunion piste sur son vélodrome en herbe ce samedi 01 juillet, pouvez-vous nous présenter en quelques mots ce gala ?
Cette année, c’est la 95ème édition, la première avait eu lieu en 1922. Nous avons invité 16 coureurs, puisque c’est une épreuve sur invitation et il y aura également, à partir de 14h, un rassemblement des jeunes des écoles de vélo avec des pré-licenciés, poussins, pupilles, benjamins, et minimes. Tout un programme !
 
Vous avez encore réussi à réunir un plateau de coureurs de haut niveau, quels seront les principaux noms présents ?
Cette année, nous avons la chance d’accueillir deux coureurs qui sont professionnels de l’Armée de Terre, avec Morgan KNEISKY et Benjamin THOMAS. Le premier a été champion du monde de l’américaine à trois reprises, en 2013, 2015, et 2017. Il a également été champion du monde de scratch en 2009. Le second a obtenu le titre de champion du monde à l’américaine cette année, ainsi que celui de l’omnium. Ce sont nos deux principales têtes d’affiche mais il y aura aussi deux coureurs de la région Rhône-Alpes, François LAMIRAUD, qui détient le record de France amateur de l’heure, et Alexandre PACCALET qui a été vice-champion de France de demi-fond en 2014 et qui a triomphé l’année dernière sur les routes de Bordeaux-Saintes.
Et nous aurons également de bons coureurs régionaux tels que Lucien CAPOT, Romain LE HENAFF, Erwan MORIN, ou Valentin COLLET.
 
Quelles sont les épreuves qui seront au « menu » de ces coureurs ?
Il y a différentes épreuves : vitesse, poursuite par équipe, course par élimination, une individuelle et une américaine de 100 tours.
Pour les jeunes des écoles de vélo, il y aura une course par élimination, l’individuelle, et une épreuve de vitesse.
Nous intercalons une épreuve des écoles de vélo entre chaque course des seniors. Cela permet aux coureurs de souffler un peu et de maintenir le public jusqu’au bout, notamment ceux venus pour les jeunes.
 
Justement, depuis plusieurs années, vous organisez en parallèle une épreuve ouverte aux écoles de vélo. Expliquez-nous les raisons qui vous ont incité à associer les jeunes aux élites.
Nous avons eu cette idée il y a 6 ou 7 ans. On sentait une baisse au niveau du public et le fait de faire venir les jeunes permet d’amener les parents et la famille, mais pas seulement, car il y a aussi un public qui vient pour voir les jeunes rouler. Pour attirer les gens, il faut régulièrement changer, il faut du nouveau.
Et, le gros intérêt, également, c’est que cela permet aux jeunes de côtoyer des coureurs de haut niveau. C’est intéressant pour eux car ils rêvent tous de devenir un jour des Morgan KNEISKY et des Benjamin THOMAS.
 
En dehors de la partie compétition, avez-vous prévu d’autres animations ?
De 14h à 20h, c’est uniquement la partie compétition. Puis, à partir de 20h30, il y a un repas sur le site même, au vélodrome des acacias, à un tarif qui est à la portée de tout le monde. Pendant ce repas, il y aura un concert festif qui est organisé par la Communauté de Communes de Haute-Saintonge de Jonzac et qui est complètement gratuit. Les gens peuvent venir uniquement au spectacle s’ils le souhaitent, et cela va durer jusqu’à 23h30 environ.
L’intérêt de tout cela est de terminer la journée en s’amusant, c’est la fête à Champagnolles tout simplement. Les coureurs restent avec nous le soir donc c’est intéressant car il y a un échange qui se fait avec le public.
 
Combien de bénévoles seront mobilisés pour l’organisation de cette journée ?
Nous aurons entre 25 et 30 bénévoles le jour J. Mais certains sont déjà au travail depuis plusieurs semaines car cette piste en herbe, il faut la travailler. Tout est à refaire tous les ans. Il faut tondre, arroser lorsqu’il fait trop chaud, damer, cylindrer, aplanir le terrain. Il faut installer les balustrades, tracer les lignes de poursuite, de départs, la corde. On refait tout chaque année. Nous sommes obligés puisque ce terrain est utilisé par des personnes pour faire du foin. On ne peut donc pas se permettre de tout laisser.
 
Cela nous amène à parler de la particularité de cette épreuve qui se déroule sur un vélodrome en herbe. Comment les coureurs jugent cette spécificité ?
Tous les ans, je leur pose la question puisque j’ai l’occasion de les interviewer, et en fait, tous, disent que c’est un bonheur de venir à Champagnolles. C’est très fatigant parce que selon la météo, le terrain est plus ou moins souple. S’il a beaucoup plu, le terrain l’est plus donc il faut mettre un développement plus petit. A l’inverse, si c’est très sec, ils peuvent emmener un développement plus important. Ils sont obligés parfois, après quelques tours d’échauffement, de changer de développement sur place.
Ils disent que c’est unique et ils ont tous envie de venir. C’est pour cela que c’est sur invitation sinon on risquerait d’avoir trop de monde. Même si c’est difficile, ils ressentent une ambiance particulière, au niveau du public notamment. Nous avons des spectateurs très généreux et qui s’enthousiasment au moindre sprint. Cette ambiance donne des ailes aux coureurs.
 
Et techniquement, est-ce un vélodrome facile à appréhender ?
Les coureurs ont besoin d’un temps d’adaptation au début mais une fois qu’ils se sont bien appropriés le vélodrome, ils sont très heureux.
Un routier passe pratiquement mieux qu’un pistard. J’évite de prendre des purs sprinters car les spécialistes du sprint ne tiennent pas à l’américaine, c’est trop dur. Il faut de l’endurance donc nous prenons des poursuiteurs et des pistards qui font de la route. La moyenne n’est pas très élevée, ils font du 33 ou 34km/h, car ils ne peuvent pas aller plus vite.
Mais, nous n’avons pas de chute, pas de crevaison, en tout cas, c’est très rare. Les coureurs savent parfaitement où ils sont. Je choisis aussi, des coureurs qui savent bien monter à vélo, qui ont certaines aptitudes, notamment des coureurs qui font du cyclo-cross.
 
Comment est né ce vélodrome à Champagnolles ?
Champagnolles, c’est toute une histoire. La première épreuve a eu lieu en 1922, les coureurs faisaient le tour du champ dont le propriétaire était le docteur MOULINEAU, maire de Champagnolles et Conseiller général. Puis, pendant la guerre 39-45, il n’y a pas eu de course, mais un coureur est venu se réfugier à Champagnolles, chez Mr DROUET, qui était Président du Vélo Club. Et comme il a été très bien reçu, lorsqu’il a rejoint sa famille à la fin de la guerre, il a promis à Mr DROUET de lui ramener de très bons coureurs sur son vélodrome pour le remercier.
Il a d’abord fait venir Paul MAYE qui avait été champion de France sur route. Puis Paul MAYE a ramené d’autres coureurs de très bon niveau également, des professionnels notamment, tels que Fausto COPPI, Louison BOBET, ou Jacques ANQUETIL. Et là, Champagnolles, est devenu un lieu de rendez-vous. Tous les commerçants fermaient leur magasin car l’épreuve se déroulait le lundi. C’était également le cas dans les communes aux alentours, les gens venaient à vélo, et il y avait au moins 4 000 spectateurs. A cette époque, il n’y avait pas la télé, les gens venaient à Champagnolles pour voir des coureurs célèbres.
 
L’épreuve a donc toujours existé sous le même format qu’aujourd’hui ?
La seule chose qui a changé, c’est qu’au tout début, entre 1920 et 1930, les coureurs n’évoluaient pas sur un vélodrome tel qu’il est actuellement, mais ils faisaient le tour d’un champ. C’est à partir de 1933 qu’ils ont décidé de faire un vélodrome de 333 mètres avec des virages relevés.
L’épreuve a connu un souci, en 1956, avec un orage violent. La course n’a pas pu avoir lieu alors que les coureurs avaient fait le déplacement. Il a donc tout de même fallu les payer et cela a vidé les caisses du club. Ensuite, la course s’est faite avec des coureurs amateurs avant de reprendre par la suite quelques professionnels.
 
Comment expliquez-vous que cette épreuve dure depuis autant d’années ?
Je pense que c’est lié au fait qu’il y a une histoire autour de cette épreuve. Au tout début, c’était la fête locale. Les coureurs venaient pour 3 jours et ils dormaient chez l’habitant. Le soir de la course, ils allaient au bal, le lendemain, c’était le feu d’artifice. Il y a une certaine nostalgie, les gens de Champagnolles se souviennent de cela, on y vient par tradition et cela se transmet de père en fils. Et même les gens qui arrivent dans la commune, comme ils en entendent parler, ils viennent voir par curiosité. C’est surprenant. Ce vélodrome fait partie du patrimoine historique de la commune.
 
Quand on voit le succès de cette épreuve, on peut s’étonner que ce soit le seul vélodrome en herbe d’Europe. A votre avis, pourquoi les autres ont disparu ?
C’est compliqué à entretenir. Nous avons la chance d’avoir une équipe de gens à Champagnolles qui ont connu ces grandes années et qui sont donc motivées pour entretenir ce vélodrome, pour le nettoyer. C’est vrai qu’il y en avait plusieurs autour, peut-être qu’il n’y pas eu la même volonté.
Et puis, sur ces vélodromes en herbe de l’époque, les professionnels n’y venaient pas, il n’y avait que des amateurs, contrairement à celui de Champagnolles. Et je pense que cela a fait la différence. Il y a une histoire à Champagnolles qu’il n’y a peut-être pas eu pour les autres. Et ils ont donc disparu petit à petit.
 
En dehors de cette épreuve, est-ce que le vélodrome ou le club a connu d’autres évènements ?
Le Vélo Club a organisé de grandes épreuves sur route, des épreuves en ligne par exemple. Nous faisions le Grand Huit Champagnollais. Nous avons accueilli un championnat régional du Poitou-Charentes également. On a fait un départ et une arrivée du Tour de Charente-Maritime Féminin en 2012. Pour le départ, les filles ont pu faire 2 tours du vélodrome en fictif, c’était un grand moment. Il y a quand même autre chose mais la raison d’être de notre club, c’est ce vélodrome.
 
On imagine que de célèbres coureurs ont également roulé sur ce vélodrome ? Pourriez-vous nous en citer quelques-uns ?
Oui, nous avons eu des coureurs de renom. J’ai parlé tout à l’heure de Fausto COPPI et de Jacques ANQUETIL. Il y a eu des coureurs comme le belge VAN STEENBERGEN qui était un spécialiste de la piste, HASSENFORDER, Paul MAYE, Emile IDÉE, Roger PIEL qui a été manager d’une équipe par la suite, le belge BRUNEL. On a eu également les frères LAPIEBIE, notamment Guy qui était un grand nom du cyclisme. Plus récemment, Rudy ALTIG, Rolf WOLFSCHOHL, Jean KRAWZYK qui a porté le maillot vert, Enzo MATTIODA qui a gagné Bordeaux-Paris. Les frères TRENTIN aussi, et surtout Pierre, qui a été champion olympique. Il y a eu encore Jacques BOSSIS, Benoît GENAUZEAU, Damien POMMEREAU. Dernièrement, nous avons vu la participation de Thomas BOUDAT, Quentin LAFARGUE, et cette année, nous aurons Morgan KNEISKY et Benjamin THOMAS. Ce sont les principaux, ceux qui sont le plus connus.
 
Aujourd’hui encore, vous arrivez à faire venir des noms prestigieux ?
On essaie toujours d’avoir quelques coureurs de renom. Mais, Jacques ANQUETIL par exemple, est venu avant d’être très connu. C’était en 1954, avant de gagner le Tour de France. C’est souvent ce qui se passe à Champagnolles, on fait venir des coureurs qui deviennent célèbres par la suite. On n’a pas les moyens de les payer lorsqu’ils sont célèbres donc on les fait venir avant ! Nous avons du flair, même si on se trompe parfois. Mais cela a marché pour de nombreux coureurs. D’ailleurs, certains, lorsqu’ils voient les coureurs à la télévision par la suite, sont impressionnés et se disent qu’ils les ont vus à Champagnolles.
 
Le club a certainement connu des dirigeants historiques, quels sont ceux qui ont le plus marqué son histoire ?
Il y a eu le docteur MOULINEAU, beau-père de Monsieur BRIAND qui nous prête actuellement son terrain,  Robert COTARD, qui a été maire de Champagnolles. Roger BALLAIS, maire également, et qui a vraiment porté à bout de bras le Vélo Club dans les moments difficiles, notamment lorsqu’il n’y avait plus d’argent. C’est lui qui s’est démené pour remotiver les habitants et relancer cette course sur piste. Il a également été mon trésorier pendant plusieurs années et si je suis là, je crois franchement, que je lui dois. Il avait une manière de gérer les choses, en étant très diplomate, c’est quelqu’un de bien.
Il n’y a pas eu beaucoup de présidents en 95 ans. Il y a eu Henri DROUET pendant au moins 50 ans, Paul CHARRIERE, qui est décédé jeune et qui n’a pu rester que quelques années, puis moi, Christian MARIE, et enfin, Franck MIGNOT.
 
Quel est votre plus beau souvenir sur ce vélodrome ?
J’ai été très heureux lorsque j’ai vu Thomas BOUDAT sur la piste, un professionnel formidable qui a su motiver les jeunes, créer une ambiance sur le vélodrome, c’était super. Et l’an passé, Pascale JEULAND, qui a une correction envers le public, elle a su remercier tout le monde. Quand elle a gagné la course, elle a tourné comme sur les grands vélodromes après une victoire importante, en tapant dans les mains des gens. Pour moi, ce sont des moments importants.
Il y en a eu d’autres bien sûr, mais là, j’étais très heureux car il y a eu une communion qui s’est faite entre le public et ces coureurs-là. Ce sont des grands champions. Thomas BOUDAT avait préparé un discours pour l’organisateur et le public, c’était même émouvant. Ils sont d’une grande simplicité et savent trouver les mots justes.
Au niveau sportif, quand les frères TRENTIN sont venus, avec Pierre, champion olympique, c’était impressionnant. Il avait une manière de faire ses sprints avec le nez collé sur le boyau de la roue avant ! Dans les virages, il avait toujours le vélo en travers, c’était un acrobate. J’aurais aimé connaitre les années où il y avait 4 000 spectateurs, mais je n’ai pas eu cette chance. J’aurais voulu animer devant un vélodrome noir de monde.
 
Cela nous amène à parler de votre parcours. Comment êtes-vous venu au cyclisme ?
Je suis originaire de Champagnolles, et à l’école, notre directeur nous emmenait les jours qui précédaient sur le vélodrome pour ramasser tous les petits bouts de bois d’acacias qui trainaient, mais aussi les brindilles et tout ce qu’il y avait pour nettoyer au maximum la piste. Evidemment, lorsque l’on fait cela, on est tenté d’aller voir la course. Et puis, mes parents n’auraient raté pour rien au monde cette épreuve, c’est Champagnolles, tout le monde y allait. Je voyais de bons coureurs et j’ai pris goût à tout cela. Comme j’y allais tous les ans, très vite, les dirigeants m’ont repéré. J’ai vendu des programmes et puis j’ai passé mon examen d’arbitre. Cela m’amène à penser à une anecdote que je voudrais dire…
 
Allez-y, avec plaisir !
Après avoir vendu les programmes, j’ai donc été arbitre, au début des années 80. A cette époque, nous avions un animateur qui venait et il était aussi ambulancier. Un jour, il y a eu une grosse chute qui a mis 8 coureurs à terre, dont un, plus sévèrement touché. Les autres continuaient de tourner, mais il n’y avait plus d’animateur car il devait s’occuper des blessés. Je me suis dit qu’il fallait quelqu’un au micro. J’ai laissé mon poste d’arbitre car on était plusieurs et j’ai commencé à animer modestement. Lorsque le coureur a été soigné, l’animateur est revenu mais m’a dit de continuer encore un peu. Ensuite, il a repris le micro et à la fin, il m’a lancé « l’année prochaine, on le fait à deux », ce que nous avons fait. Après avoir animé ensemble, il m’a dit qu’il ne reviendrait pas l’année suivante et que je pouvais gérer seul. L’année d’après, j’ai ainsi animé tout seul, et dès la fin de la journée, il y avait déjà trois présidents de club du département qui m’ont demandé d’animer pour eux. J’ai donc pris une licence d’animateur et c’est parti comme cela, c’est incroyable quand même. Sans cela, je n’aurais peut-être jamais animé.
 
C’est incroyable… Nous reviendrons sur l’animation un peu plus tard car c’est un sujet intéressant. Mais avant, pouvez-vous nous expliquer comment vous êtes devenu président du club ?
C’était à peu près à la même époque, au début des années 80, j’étais arbitre au club. Le président est décédé et il n’y avait personne pour reprendre, on m’a demandé et j’ai accepté. J’ai fait 32 ans de présidence, c’est énorme, même trop, je dirais, car il faut que cela se renouvèle, qu’il y ait du sang neuf.
Ensuite, j’ai pu trouver quelqu’un pour me remplacer. Aujourd’hui, je me consacre aux invitations de coureurs. Sur le terrain, je n’y vais pas, ce n’est pas mon domaine, nous avons des gens qui connaissent cela parfaitement. Nous sommes tous complémentaires.
 
Vous avez donc pu passer la main, comment s’est déroulé le passage de témoin ?
Dans un premier temps, Christian MARIE m’a remplacé. Il aurait pu rester plus longtemps mais il a dû quitter la présidence à cause de problèmes familiaux. L’année dernière, nous nous sommes donc retrouvés sans personne pour prendre la suite. Franck MIGNOT, qui était à l’Assemblée Générale, a été honnête en nous disant qu’il n’y connaissait rien, qu’il aurait besoin de notre aide, mais qu’il était prêt à prendre la présidence pour sauver le club.      
Je l’aide d’autant que je peux et il fait preuve de beaucoup de volonté, il fait tout ce qu’il peut. Il ne connait pas toute cette tradition et on se doit de l’accompagner. Même si c’est un peu compliqué pour lui, je pense qu’il va vite apprendre. Il est arrivé à Champagnolles il y a moins d’un an, il était venu voir l’épreuve l’an dernier et là, il va la découvrir de l’intérieur.
 
Nous allons revenir à l’animation, puisqu’on vous connait également au travers de votre présence au micro sur les épreuves de la région, et c’est important de parler du rôle des animateurs qui permettent de mettre en valeur nos manifestations. Vous nous avez expliqué la manière dont vous avez débuté, comment cela s’est ensuite enchainé ?
Au tout début, c’était seulement pour quelques organisateurs qui me l’avaient demandé. A l’époque, il y avait Alain CLOUET qui animait. Je m’entendais très bien avec lui et je lui avais expliqué que je souhaitais animer car cela me faisait plaisir, mais qu’il était hors de question que je lui « prenne » ses courses. Je lui ai proposé la chose suivante : « lorsqu’un organisateur me demande, je t’en parle, si tu es disponible, tu y vas, sinon c’est toi qui me dit d’y aller ». Nous avons fonctionné comme cela pendant très longtemps. Je remercie d'ailleurs Alain CLOUET car lorsqu'il a cessé de commenter les épreuves, il m'a donné tous ses fichiers informatiques qui contenaient les palmarès des coureurs de DN1, DN2 et DN3. Aujourd’hui, je continue à alimenter les fichiers qu'il m'a donnés.
                      
Quel est votre plaisir dans l’animation ?
Déjà, animer une course, cela ne s’improvise pas, il y a un travail de préparation. J’ai une très bonne mémoire, ce qui m’aide beaucoup. Je suis passionné de cyclisme et je me dis que si je vais à une course pour animer, je dois être capable de transmettre cette passion au public. Un animateur est un plus pour l’organisateur donc il se doit de mettre de l‘ambiance et mon but est que le public qui vient pour la première fois sur une course ait envie d’y revenir. J’ai envie de procurer du plaisir, de faire en sorte d’attirer les gens. Je veux que les gens passent un bon moment et qu’ils oublient leurs soucis du quotidien. Ce n’est pas toujours facile, il y a des fois où je suis moins bon car il faut que je sois en forme.
Avec cette passion, qu’est l’animation, j’ai aussi envie de mettre à l’honneur les coureurs car je sais trop ce que représente la pratique du cyclisme en termes de sacrifices au niveau de l’hygiène alimentaire, de l’hygiène de vie, les efforts qu’il faut faire, être capable de remonter sur le vélo après une chute quand un coureur est blessé, meurtris.
Je les admire et je veux mettre en valeur leur moindre effort, leur moindre victoire. Je veux que le public comprenne cela, qu’il faut aimer les coureurs et les comprendre. Mais il faut aussi les connaitre, car c’est facile de dire de certains qu’ils ne « marchent » plus, mais il peut y avoir une raison comme un problème de santé ou un problème familial. Et tout cela, j’arrive à le savoir. Le fait de bien les connaitre permet aussi de mieux cibler les questions lors des interviews.
 
Pour pouvoir animer, cela représente énormément de travail en amont. Pourriez-vous nous expliquer comment vous préparer une épreuve ?
Il s’agit d’un travail quotidien. Tous les soirs ou tous les deux soirs, je vais sur les sites pour notamment récupérer les résultats de tous les coureurs des équipes de DN1, DN2, et DN3. Pour cela, je suis informatisé, j’ai toutes les équipes et tous les effectifs mis à jour. J’ai donc les palmarès de ces coureurs depuis de nombreuses années. Pendant la période hivernale, je change les coureurs d’équipe en fonction des mutations. Cela m’occupe bien l’hiver !
Pour ce qui est des courses régionales, j’ai des fiches et je vais sur les sites des différents comités régionaux pour voir les résultats. Je fais cela régulièrement. Mais lorsque, deux jours avant la course à animer, je reçois une liste d’engagements avec des coureurs que je ne connais pas, je vais chercher des renseignements sur eux. Avant chaque épreuve, je repasse chaque coureur pour avoir une fiche pour chacun, et qui soit à jour.
 
Vous avez des fiches pour chaque coureur ?
Ah oui, je ne vais jamais sur une épreuve avec un coureur qui n’a pas de fiche. J’ai bien trop peur que ce soit celui qui me manque qui gagne la course. C’est tellement de travail, donc si je fais une impasse sur un et que c’est celui-là qui l’emporte… non, ce n’est pas possible !
S’il y en a un pour lequel je n’arrive pas à trouver d’information, je suis présent à la remise des dossards et je fais connaissance avec lui de manière à ce qu’il ne soit pas lésé. Tout coureur au départ d’une course doit être traité comme les autres.
Je ne fais preuve d’aucun chauvinisme non plus, je rends hommage aux coureurs qui gagnent quels qu’ils soient. En tant qu’arbitre, cela a pu m’arriver d’avoir un petit souci avec des coureurs, mais si les semaines suivantes, je les retrouve sur une épreuve que j’anime, je leur rends hommage comme si de rien n’était. Il faut être très clair là-dessus.
 
On a le sentiment que vous êtes peu nombreux pour animer, comment l’expliquez-vous ?
C’est vrai qu’en Charente-Maritime, s’il y en avait un de plus, ce ne serait pas mal, car je suis tout seul. J’ai eu parfois des jeunes qui sont venus avec moi, qui avaient envie, et je l’ai fait avec plaisir. Mais malheureusement, cela n’a jamais duré longtemps car cela demande d’être disponible le week-end, les dimanches, et ils ne voulaient pas.
C’est aussi le travail que cela représente. Il faut être passionné pour aller sur les sites tous les soirs et noter les résultats. Si je le fais, c’est que je sais qu’après je vais prendre du plaisir à animer. Pour moi, chercher, c’est intéressant, mais sans plus. Par contre, ce qui me plait, c’est de savoir que c’est une information que je vais pouvoir donner au public quand je vais présenter le coureur. Mon but, c’est d’informer, d’apporter des informations au public, et de mettre le coureur en valeur. Je travaille avec plaisir car je sais que cela va servir un jour.
 
Pour terminer, auriez-vous un rêve pour le vélodrome des Acacias dans les prochaines années ?
Mon rêve est que le club existe encore, au moins, pendant 5 ans pour fêter le centenaire, et inviter, ce jour-là, tous les coureurs qui ont roulé sur cette piste en herbe. L’idée serait de les faire venir en tant que spectateur et faire ensuite une immense photo avec tous ceux qui ont couru sur ce vélodrome, professionnels et amateurs. Faire une grande fête en 2022 … c’est un moment que j’attends avec impatience. Je ne sais pas encore sous quelle forme nous pourrons le faire, mais on y pense déjà. Mon vœu le plus cher est de fêter le centenaire à Champagnolles, et on verra s’il sera exaucé …
 

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