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James GUILMAN

Les Championnats de France de cyclo-cross ont eu lieu à Lanarvily les 07 et 08 janvier, comment s’est passé le week-end ?
Nous avions 5 sélectionnés : 2 cadets, 2 juniors, et 1 féminine junior. Cela s’est très bien passé puisqu’il s’agit de jeunes que nous suivons déjà, pour la plupart, depuis quelques années, donc nous n’avons eu aucun problème.
Au niveau de l’organisation, nous étions en Bretagne, et en Bretagne, c’est comme lorsque nous sommes dans l’Est, c’est toujours très bien organisé, tout est très bien cadré et signalé. En plus, l’accueil a été chaleureux, donc le contexte était très positif.
 
Et au niveau compétition, pouvez-vous nous parler des résultats ?
Pour faire simple, nous pouvons prendre par catégorie. En cadets, Anthony BREGIERE et Théo LAUSEILLE ont obtenu des places qui reflètent leur saison sur les manches de Coupe de France, en terminant respectivement 22ème et 33ème. On peut dire qu’ils sont à leur place, et selon moi, ils ont confirmé ce qu’ils ont fait tout au long de la saison, donc c’est très bien.
En juniors, chez les dames, avec Anaïs MORICHON, nous visions un top 5, voire éventuellement mieux. Je pense qu’elle était en mesure d’obtenir ce classement, mais elle a été victime d’une gastro-entérite juste avant les Championnats, et dès le samedi soir, nous étions déjà beaucoup plus réservés quant à ses possibilités de bien figurer sur la course. On a tout de même essayé d’y croire, mais malheureusement, elle a été contrainte d’abandonner.
Enfin, pour ce qui est de nos 2 juniors hommes, nous sommes déçus. Sur les 3 Coupes de France, ils avaient fait de super résultats, que ce soit Valentin RETAILLEAU ou Gaëtan BOUCHERY. Mais un championnat, il s’agit d’une course d’un jour, et il faut avoir les jambes le jour J et cela n’a malheureusement pas été le cas. Valentin a terminé 51ème et Gaëtan a abandonné. Nous espérions au minimum un top 20 mais ils sont passés au travers, cela peut arriver, c’est le sport.
 
On vous sent un peu déçu, quelle est votre analyse de ces résultats « mitigés » ?
Les cadets ont réussi leur Championnat de France, mais de mon point de vue, en juniors, les résultats sont décevants. Pour ce qui est de l’analyse, on a essayé de trouver des explications avec le CTR, même si ce n’est pas facile. Déjà, ce que nous pouvons dire, c’est que nous aurions aimé avoir plus de suivi, notamment avec les entraineurs des jeunes. Cela nous aurait permis de mieux juger leur forme et leur préparation. N’ayant que très peu de regard là-dessus, on s’est présentés aux Championnats sans trop savoir ce qui nous attendait.
On a vraiment le sentiment qu’il s’agit d’un problème physique. Nous avons parlé avec les jeunes à l’arrivée, Gaëtan nous a dit qu’il avait eu une « panne de cuisse » comme on dit dans notre jargon, et Valentin, n’était pas dans l’allure. Il a réussi à être 12ème dans les 10-15 premières minutes, et par la suite il a régressé. Mais, c’est toute la difficulté d’un Championnat quel qu’il soit, encore une fois, il faut pouvoir être en forme le jour J.
 
Habituellement, nos sélectionnés peaufinaient leur préparation sur le Championnat Interrégional GSO qui se déroulait la semaine précédente. Cette année, cette épreuve n’a pu être organisée, est-ce que cela a pu influencer la préparation de nos jeunes ?
Je dirais qu’il y a deux choses qui ont eu une influence sur la préparation. Tout d’abord, le besoin de compétition avec un manque d’épreuves pendant les fêtes. Nos sélectionnés nous ont fait remonter le fait qu’il n’y avait pas assez de compétition à proximité, il fallait faire plus de 200 km pour trouver une course. Ils se sont préparés chez eux mais ce n’est pas pareil. Et ensuite, effectivement, le GSO qui ne s’est pas déroulé, cela a été un manque pour le maintien de la forme de nos jeunes.
Maintenant, cela ne peut pas être la seule explication des résultats décevants de nos juniors. Mais comme nous n’avons pas tous les éléments, le CTR ne peut pas faire une analyse précise du problème.
 
Vous nous avez parlé des difficultés pour avoir un suivi des jeunes, comment aviez-vous prévu de travailler ?
Dès la première manche de la Coupe de France, le CTR a expliqué aux jeunes comment on souhaitait fonctionner. On voulait qu’il y ait de la communication avec les jeunes et leurs entraineurs pour mettre en place un vrai suivi tout au long de la saison. On voulait savoir comment ils s’entraînaient, ce qu’ils faisaient et avoir le contenu. Nous avons pu le faire très bien avec certains, mais avec d’autres, cela n’a pas été possible, et cela a été pénalisant pour nous. C’est dommage, car je pense qu’il y avait moyen de travailler en équipe.
 
Pour ce qui est du reste de la saison, notamment la Coupe de France, le bilan semble tout de même positif ?
Pour ce qui est de la Coupe de France, c’est même plus que positif, puisque c’est la première fois depuis que je suis à la tête de la commission (2013) que nous avons obtenu des résultats aussi bons. Nos cadets sont rentrés dans le top 20, une fois chacun. Sans problème mécanique, ils auraient pu faire d’autres places dans le top 20. En junior Valentin RETAILLEAU avait tout de suite mis la barre très haute avec une 13ème place lors de la première manche. Gaëtan BOUCHERY a fait deux top 15. Anaïs MORICHON a réussi à faire un podium lors de la 1ère manche.
Il faut reconnaître que ces 5 jeunes ont parfaitement réussi la Coupe de France et nous étions contents puisque les résultats ont été au-delà de nos espérances.
 
Nous avions également 2 autres sélectionnés en début de saison, pourquoi n’ont-ils pas terminé la saison ?
Oui nous avions également Yoann CRON et Victorie GUILMAN qui ont fait les premières manches de Coupe de France. Yoann a eu des petits soucis de santé et il était moins bien par rapport aux autres années. On en a parlé avec lui, et comme il n’avait pas marqué de point et qu’il n’a pas un travail facile pour pouvoir s’entraîner comme tout le monde, il a préféré ne pas faire la dernière manche.
Pour Victorie, c’est un peu différent, elle avait besoin de faire plus de travail foncier au détriment du cyclo-cross. Elle fait du cyclo-cross depuis très longtemps et elle adore cette discipline, donc cela a été difficile de faire un choix mais elle a dû se consacrer uniquement à l’entrainement d’hiver en vue de la saison prochaine. Elle a senti qu’elle avait besoin de mieux se préparer sur route pour ne pas avoir de retard par rapport à ses coéquipières, avec l’objectif d’être prête dès le début de saison.
 
Pour ce qui est de l’échelon régional, comment jugez-vous cette saison ?
On peut dire qu’en terme de nombre de compétitions, cela s’est maintenu avec près de 30 épreuves. On s’aperçoit qu’il y a un attrait de la part des clubs, puisqu’ils sont nombreux à organiser, notamment parce que cela attire du public. Sans les annulations, on avait presque 2 compétitions par week-end, une le samedi et une le dimanche, on ne pouvait plus placer d’épreuves supplémentaires.
Nous avons également pas mal de compétiteurs puisqu’en moyenne, il y a 30 à 40 seniors, 10 à 15 juniors, autant de cadets, plus les jeunes cyclistes, cela fait donc de belles épreuves avec au moins 70 compétiteurs. On peut dire que le cyclo-cross en Poitou-Charentes se porte bien, et on voit que les jeunes sont demandeurs.
 
Avec votre commission, vous aviez décidé de reconduire le Challenge Régional des jeunes. Quel est l’intérêt de la mise en place de ce challenge ?
On sait que les jeunes aiment se confronter aux autres, ce type de challenge permet d’aiguiser leur envie de compétition. La mise en place de ce challenge permet de les motiver. Ils viennent sur les épreuves et voient les plus grands donc ils veulent faire comme eux. C’est un moyen de les attirer et de les maintenir dans notre discipline. On s’aperçoit que cela fidélise les jeunes mais aussi les parents, ce qui est important puisque cela dépend également de la volonté des parents de les amener sur les épreuves.
 
Le Championnat Régional s’est déroulé début décembre à St Jean d’Angély. Peut-on dire que ces championnats ont été une réussite ?
On savait qu’en allant à St Jean d’Angély, tout serait bien ficelé. Le tracé du circuit, la signalisation, toute l’organisation était vraiment très bien réglée. J’en profite d’ailleurs pour remercier le Président de l’UV Angérienne, Mr Bernard CRON, ainsi que tous les bénévoles qui l’ont aidé à mettre en place cette manifestation. Nous avons vraiment passé une superbe journée avec un enchainement de courses à suspense.
 
Effectivement, en plus de la qualité de l’organisation, le suspense était au rendez-vous…
Chez les seniors, malgré la chute, nous avons assisté à une très belle course. Certains des favoris, ou des outsiders, sont tombés. Certains ont pu repartir mais se sont retrouvés loin derrière. Cela a mis beaucoup de suspense et on ne savait pas s’ils pourraient remonter.
En juniors, il y avait deux favoris, mais Quentin ZENDRINI a réussi à créer la surprise, et cela fait toujours plaisir. Chez les cadets, les deux favoris ont répondu présent, mais on ne savait pas qui allait gagner. Ils se sont détachés rapidement et ils se sont ensuite livrés une belle bagarre.
En minimes et chez les dames, le suspense était moindre puisque nous avons un jeune qui survole tout, et Anaïs MORICHON était la favorite, c’est une spécialiste, elle revenait d’une Coupe du Monde avec l’équipe de France, donc elle a gagné logiquement et elle le méritait.
Sportivement, cela a été un beau championnat, et au niveau organisation, il n’y a rien à dire, tout était réuni pour que cela soit une super journée de cyclo-cross. Et en plus, le public a répondu présent.
 
C’est vrai qu’on a le sentiment que cet évènement est attendu et attire de plus en plus de monde. Quel est votre regard sur l’évolution du Championnat depuis quelques saisons ?
Le Championnat Régional Poitou-Charentes, depuis 3 ans, est monté en puissance. Il y a beaucoup plus de spectateurs, la météo nous est favorable, mais je crois que c’est surtout l’intérêt du public pour les coureurs et pour la discipline. Il y a des courses disputées, que ce soit en élite ou chez les plus jeunes, et le cyclo-cross est une discipline spectaculaire avec une ambiance différente des autres disciplines, c’est toujours chaleureux. Il y a un engouement de la part des spectateurs, mais également de la part des coureurs puisque nous avions près de 60 compétiteurs en élite, plus de 20 juniors et de 30 cadets. Ils étaient également nombreux chez les jeunes donc les sportifs adhèrent complètement à cette discipline. Il faut que l’on arrive à maintenir cette motivation générale, et on ne le pourra qu’avec le concours de nos clubs.
 
Vous êtes responsable de la Commission Régionale Cyclo-cross depuis 2013. Comment êtes-vous arrivé à ce poste ?
Le poste était vacant, et le Président du Comité Régional, Michel CHAVANEL, m’a demandé si cela m’intéressait. J’ai répondu favorablement à sa demande puisque c’est une discipline que je connaissais au travers de la pratique de ma fille - j’étais allé sur quelques Coupes de France avec elle - et qui m’a plu rapidement. J’ai très vite apprécié le cyclo-cross donc j’ai accepté de m’investir.
 
Pouvez-vous nous parler de cette fonction et des missions qui lui incombent ?
La mission première est de réunir les responsables départementaux pour préparer la saison, échanger sur ce qui se passe sur leur territoire, déterminer ceux qui ont le potentiel pour être en sélection, …
La mission la plus « visible » concerne les sélections régionales qui sont faites avec la commission et le CTR. Je prépare les déplacements et la logistique pour les manches de Coupe de France, le Championnat GSO, et les Championnats de France.
Pendant la saison, je suis en principe présent tous les week-ends à au moins une épreuve en Poitou-Charentes, ce qui me permet d’évaluer les catégories cadets, juniors, dames, seniors, afin d’établir la sélection. Être présent sur le circuit, est pour moi le meilleur « thermomètre » pour évaluer la forme de nos coureurs.
Ensuite, il y a d’autres missions telles que la validation, en collaboration avec le CTR, des circuits pour les championnats régionaux, ou encore la mise en place du Challenge des jeunes, avec notamment le choix des manches et la gestion des récompenses.
 
Parmi vos missions, vous nous avez parlé des sélections régionales. Et pour faire une sélection, il y a forcément des choix à faire. Est-ce une des principales difficultés liées au poste de responsable de commission ?
Effectivement, c’est très compliqué. Il s’agit d’une grosse difficulté puisque forcément, nous faisons toujours des heureux et des malheureux. Nous ne pouvons pas emmener tout le monde donc nous devons faire un choix. Pour cela, je m’appuie sur les avis du CTR et des responsables départementaux avec qui je peux échanger sur les épreuves régionales tous les week-ends. On échange nos avis sur la forme et le niveau des sélectionnés potentiels.
 
La saison est à peine terminée que nous allons déjà vous demander de vous projeter sur la suivante… Comment voyez-vous l’avenir de nos jeunes au niveau national ?
A l’heure actuelle, avec la prochaine fusion des comités régionaux au sein de la Nouvelle Aquitaine, il est difficile de se projeter. Mais pour moi, les 5 jeunes que nous avons emmené cette saison ont les moyens de s’exprimer au niveau national, j’en suis persuadé. Ils ont toutes les billes pour continuer à évoluer dans le bon sens, ce sera à eux de confirmer. Ensuite, au-delà de ceux qui ont fait la saison avec nous, on suivra les performances l’année prochaine pour voir si de nouveaux talents peuvent intégrer la sélection et je ne peux que souhaiter qu’il y en ait d’autres. La porte est ouverte à tout le monde.
 
Et pour finir, voyez-vous des actions à mettre en place pour continuer de faire progresser le cyclo-cross régional ?
Ce que nous avons mis en œuvre avec le CTR, pour moi, me semble cohérent, car nous ne devons pas prendre la place des clubs ou des départements, chacun a son rôle à jouer. Les jeunes travaillent dans leur club pour préparer la saison de cyclo-cross, et les départements mettent en place un stage, avec le CTR qui s’y déplace pour faire de la détection.
Il faut que l’on arrive à faire progresser les meilleurs car si nous avons des éléments forts, cela va donner envie aux jeunes d’essayer, car une belle vitrine donne envie de venir à la pratique.
Enfin, le gros souci en cyclo-cross est le problème du matériel. Les parents doivent faire face à l’achat de 2 vélos et c’est un frein pour le développement de notre discipline. Pour faire progresser le cyclo-cross, il faudrait que les jeunes soient aidés, mais c’est très compliqué. Tous les jeunes ont un vélo de route et si on veut qu’ils viennent gouter au cyclo-cross, il leur faut un autre vélo. Et l’achat d’un 2ème vélo, c’est très difficile pour les parents. Il faudrait que l’on trouve des solutions avec des prêts, par exemple, comme arrivent à le faire certains clubs.
 

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