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Entretien avec Sylvain DECHEREUX

Sylvain, tu viens de gagner 2 week-end de suite, à Bressuire et à St Varent, racontes-nous comment se sont passées ces victoires ?
A Bressuire, cela avait été un peu plus compliqué car il y avait un gros marquage pour le Championnat. Je suis tombé avec 2 coureurs de La Roche/Yon qui m’ont attaqué chacun leur tour jusqu’à l’arrivée. Je savais j’étais certainement le plus rapide au sprint mais ce n’était pas gagné d’avance.
Alors qu’à St Varent, cela a été un peu plus facile, on est sortis d’entrée à 9 et je n’ai pas forcément été attaqué donc j’ai pu garder des cartouches jusqu’à la fin. On peut dire que j’ai été emmené dans un fauteuil jusqu’au dernier kilomètre, j’ai porté une seule attaque et je suis allé gagner.
Maintenant, en revenant courir en 2ème catégorie le niveau n’est pas le même, donc on va dire que c’est un peu plus facile. Avec l’expérience, je commence à me connaître et à savoir comment courir.
 
La première te permet d’obtenir le titre de champion départemental et la deuxième a eu lieu sur une épreuve organisée par ton club, cela donne-t-il à ces victoires une saveur particulière ?
Il s’agit de deux courses qui me tenaient à cœur, je les avais cochées. A Bressuire, c’était le Championnat Départemental des Deux-Sèvres donc on a forcément envie de le gagner, que ce soit pour soi mais aussi pour le club. Avec mon retour au VC Thouarsais, c’était important de remporter un premier titre, même si j’avais déjà gagné en cyclo-cross. Mais cela n’a rien à voir car la concurrence n’est pas la même dans ces deux disciplines. Donc c’était important pour moi de gagner ce championnat, en plus, il était à Bressuire, qui est un peu le club phare du département, donc j’avais aussi l’envie de gagner sur leur terre.
A St Varent, c’était la première course de la saison organisée par le club. C’est un peu pareil, c’est une course du club donc on a envie de la gagner. J’avais coché ces 2 courses là, mais ce n’est pas toujours évident de gagner. Cela s’est bien passé donc je suis satisfait.
 
Cela faisait un petit moment que tu n’avais pas levé les bras, sur route tout du moins, te rappelles-tu de ta dernière victoire ?
Oui, il y a deux ans déjà, c’était sur Les Essarts-Olonne, une course en ligne. J’étais redescendu en 2ème catégorie, pareil, et comme je le disais, le niveau n’est pas le même. J’arrive à mieux m’y retrouver, surtout que je n’ai pas trop le temps de m’entrainer. Mais dès que l’on arrive au niveau au-dessus, cela se complique. Sur les courses de 1ère catégorie, j’y arrive encore à peu près mais sur les courses Élite, cela roule vite, c’est plus long, il y a des facteurs qui font que l’entraînement joue énormément. En tout cas, en 2ème catégorie, je trouve du plaisir et j’en profite le temps que j’y suis. Et puis, j’essaie d’apporter aux jeunes du club de Thouars qui peuvent courir avec moi. Même si on ne fait pas la course entièrement ensemble, tant que je suis avec eux, j’essaie de les guider un peu.
 
Avec déjà 2 victoires et 2 podiums, ton début de saison correspond-il à tes attentes ?
Oui franchement, nous sommes mi-avril, j’ai déjà deux victoires donc c’est un début de saison réussi. Je n’espérais pas tant et j’espère que cela va continuer. Je suis en coupure mi-mai et ensuite je vais revenir sur le Tour des Deux-Sèvres en juillet. Je referais une coupure après fin juillet - début août pour préparer la saison de cyclo-cross, qui sera mon objectif principal.
La route, j’en profite en début de saison parce que je sors de la forme du cyclo-cross et ensuite j’enchaine les coupures.
 
Quels sont tes objectifs de la saison ?
Les objectifs sont un peu les mêmes chaque année à savoir les manches de Coupe de France. Je n’ai pas pu participer à la première malheureusement, mais il en reste deux qui vont arriver très prochainement. Je suis plutôt en forme donc j’espère pouvoir ramener des points à l’équipe. Je vais tâcher de bien figurer au Tour du Périgord (le 30 avril) et à la Ronde Nancéienne (le 07 mai) et de ramener des points. Je sais que je n’ai pas forcément le niveau pour gagner une manche de Coupe de France mais je pense que je suis capable de rentrer dans les 30 premiers.
 
Peux-tu nous parler des spécificités des manches de Coupe de France ?
J’ai gagné une Coupe de France avec le POC et si nous avions gagné, c’était grâce au collectif avant tout car on avait su placer à chaque fois plusieurs coureurs dans les points. Ce sont des courses où il ne faut pas être individualiste, bien au contraire, il faut être très proche les uns des autres et courir groupé. Je pense qu’avec mon expérience, c’est sur ce type de courses que je vais pouvoir apporter. Donc sur les 2 prochaines, je vais essayer de bien marcher et d’apporter mon expérience.
 
Cela nous amène à évoquer ton programme des prochaines semaines …
Il y a les 2 manches de Coupe de France qui vont s’enchainer 2 week-ends de suite donc il faudra être en forme sur 2 courses qui vont arriver vite. Après, je partirai en vacances, ce sera récupération, sans vélo. Ensuite, je vais essayer de retrouver le bon coup de pédale pour le Tour des Deux-Sèvres aux alentours du  14 juillet. Il faudra être en forme car ce sera assez long et c’est dur. On aura un maillot qui représente le département, cela ne m’était encore jamais arrivé, donc je vais en profiter à fond et on va essayer de montrer ce maillot. Ce sera aussi un moyen de remercier les sponsors qui nous suivent, c’est important. Je pense que, bien figurer dans ce Tour des Deux-Sèvres, est un moyen de les récompenser de leur soutien.
Si je regarde au-delà des prochaines Coupes de France, à part le Tour des Deux-Sèvres, je n’ai rien coché d’autre. Je vais plutôt faire de la préparation physique pour le cyclo-cross qui est mon gros objectif cette année. Sinon, rien de spécial si ce n’est prendre du plaisir et apporter aux autres.
 
Tu as rejoint cette année l’EC Team Poitou Mondovélo, comment s’est passé ton intégration et quel est ton rôle au sein de l’équipe ?
Mon intégration s’est plutôt bien passée puisque je connaissais l’encadrement depuis mon passage de 4 années au Cycle Poitevin. Les coureurs, aussi, je les connaissais déjà pour la plupart, donc l’intégration a été facile.
Pour ce qui est de mon rôle, forcément, c’est capitaine de route, je vais avoir 29 ans donc je commence à avoir de l’expérience. C’était déjà mon rôle au POC et je pense que j’avais beaucoup apporté à cette équipe qui était un peu comme notre équipe actuelle. En DN3, nous avions fait une 1ère année pour se découvrir et la 2ème année, nous avions remporté le Championnat de France DN3. Je le vois un peu de la même manière avec le Team Poitou. Nous sommes dans une 1ère année charnière ou il faut mettre en place certaines choses, et puis, je pense que dès l’an prochain on pourrait jouer le top 5. Cela se construit sur 2 ou 3 ans et il n’y a rien à perdre. On a un encadrement qui est là pour nous et qui fait en sorte que l’on y arrive. Maintenant, il n’y a plus qu’à mettre les tactiques et les forces ensemble et j’y crois fortement. Nous avons des battants dans l’équipe, nous avons tous un travail la semaine, mais le dimanche quand on se retrouve sur le vélo, c’est pour faire la guerre. L’esprit est là cela va prendre au fil du temps.

Tu parlais de construction, parvenez-vous à travailler suffisamment ensemble ?
On a eu pas mal de stages en début de saison. On a pu, dans un premier temps, mettre quelques stratégies en place et connaitre le profil de chacun. Malheureusement, on ne court pas tous les week-ends ensemble donc c’est un peu plus compliqué. Mais à côté de ça, j’ai pu voir depuis le début de la saison que les choses se mettent en place assez rapidement. Les jeunes apprennent vite, ils sont demandeurs donc c’est intéressant mais il faudra 2 ou 3 ans pour qu’on soit capables de gagner une manche de Coupe de France.
Nous sommes 4/5 à avoir de l’expérience, c’est un avantage, car on se comprend beaucoup plus vite, contrairement à un jeune qui débute à ce niveau. Mais il faut des jeunes aussi car ce sont eux qui poussent derrière et qui nous motivent.
 
Au sein de l’équipe, comment jugez-vous votre début de saison ?
Nous n’avons pas les résultats que l’on attendait. Nous sommes passés un peu à côté de la 1ère manche de Coupe de France. Il y avait des circonstances météorologiques qui ont fait que cela a été compliqué. Ensuite, nous sommes allés chercher quelques places en Élite, pas de podium encore, mais je ne désespère pas, au contraire. Nous ne sommes qu’en première partie de saison et il reste de belles courses. Cela ne peut que marcher car les coureurs ont envie.
 
Tu n’as pas participé à la 1ère manche de Coupe de France des DN3, cela était-il prévu ou cela a-t-il été une déception pour toi ?
Je comptais la faire mais je n’ai pas pu à cause de mon travail. Après, quand je vois le temps qu’ils ont eu, je ne suis pas un coureur qui aime la pluie. Autant en cyclo-cross, j’adore cela, que sur route, je n’apprécie pas de passer 3 heures sous la pluie. Je ne suis pas un gros gabarit donc c’est compliqué. Aujourd’hui, je me dis, que si j’y avais participé, je ne suis pas certain que j’aurais apporté plus. Avec du recul, je n’ai pas trop de regret. Par contre, pour les prochaines, s’il fait plutôt beau, ce sont des circuits difficiles, je pense que je vais pouvoir apporter ma pierre à l’édifice.
 
Comment est l’ambiance dans l’équipe et avec quels coureurs es-tu le plus proche ?
L’ambiance est bonne. Nous travaillons tous, on ne vit pas que pour le vélo, c’est une passion avant tout. Quand on se retrouve, on a envie de se faire plaisir. Par rapport aux équipes où les coureurs ne font que du vélo, quand cela ne marche pas, ils n’ont pas le moral. Là, au contraire, nous sommes contents d’être ensemble. Nous n’avons pas de leader, j’ai envie de dire que nous sommes tous des coéquipiers et on travaille en fonction des sensations de chacun.
Concernant les coureurs avec lesquels je suis le plus proche, il n’y a personne en particulier, on s’entend tous bien, et je n’ai pas de préférence.
Maintenant, il y a forcément Erwan DESPEIGNES car c’est mon cousin. Il y a aussi Hugo CANTE qui est assez demandeur de renseignements, il est jeune et il apprend. J’essaie de lui apporter un peu.
J’aime bien notre groupe, je m’y sens bien donc c’est plutôt cool. Il y a des jeunes qui sont demandeurs donc il n’y a pas mieux. Si j’étais là et que l’on ne me demandait pas de conseil, j’aurais l’impression de faire du vélo pour moi et je n’aurais pas eu de plaisir.
 
L’EC Team Poitou Mondovélo est une équipe portée par les Comités Départementaux de la Vienne et des Deux-Sèvres, cela t’a permis de retrouver le club de tes débuts, le VC Thouars. Cela était-il ta priorité et pourquoi ?
Oui ma priorité était de revenir à Thouars puisque mon père y est vice-président et que le président est une personne qui me connait depuis que je suis tout petit. Cela s’est plutôt bien passé. Ensuite, il y a eu le rapprochement des 2 comités qui a permis de faire cette équipe. Mais j’avais toujours dit que je reviendrai au club même si le rapprochement ne s’était pas fait. J’avais donné mon accord au club avant que l’équipe ne soit créée sous cette forme. Mais je suis super content que cela se soit mis en place car ça me permet de courir au niveau Élite avec une vraie équipe.
 
Arrives-tu à t’entrainer ou à avoir des contacts réguliers avec ton club ?
J’habite les Sables-d’Olonne et je travaille là-bas donc je m’entraîne avec un groupe de copains coursiers sur place. J’ai pu aller rouler quelques fois avec eux cet hiver mais malheureusement il est difficile de faire plus. Mais nous sommes en relation car je connais du monde, j’y ai passé 6 ans. Lorsque j’étais à Poitiers, même à Cholet, je roulais avec les coureurs de Thouars. Je ne suis réellement parti que depuis 3 ans. Au niveau du club, je pense qu’ils sont contents que je sois revenu et j’espère qu’avec ces 2 victoires cela va lui donner une bonne dynamique.
 
Que fais-tu en dehors du cyclisme et comment fais-tu pour concilier ta vie professionnelle avec le vélo ?
Je ne sais pas si je suis une « bête rare » car beaucoup me disent que c’est impossible que je puisse faire du vélo ! Je suis responsable chez Décathlon depuis 2 ans, cela fait 6 ans que j’y travaille, et actuellement je fais entre 50 et 60 heures par semaine. J’ai fait 65h la semaine dernière par exemple. En dehors du dimanche, je n’ai qu’un jour de repos, le jeudi, et je ne peux donc m’entrainer que ce jour-là. A cette période, je peux aller rouler 1 heure le soir ou faire du home-trainer. Et puis, il y a aussi la vie familiale donc je m’entraîne très peu. Il faut donc faire attention à toutes les petites choses, j’essaie de trouver un équilibre et je pense que j’ai un gros mental. Quand j’ai mal aux jambes, j’essaie de ne pas me dire que je n’ai pas roulé de la semaine et que je suis resté debout pendant 40 ou 45 heures. J’essaie de ne pas y penser et je me dis que j’ai la chance de pouvoir continuer à faire du vélo et de me faire plaisir dans ma passion. Et le dimanche, si je dois « bâcher », ce n’est pas grave, il y a pire dans la vie. Aujourd’hui, je fonctionne au moral et c’est mon mental qui m’aide. Sur les courses de 150 km, au bout de 120 km, j’ai les « vérins qui serrent » comme on dit et je m’accroche comme je peux. Et quelques fois, au bout de 140 km, cela va toujours, tout dépend de comment mon corps réagit. C’est assez compliqué à gérer.
Par contre, pour le cyclo-cross, c’est plus simple, les courses sont plus courtes et j’arrive à avoir une bonne préparation. Je fais de la course à pieds l’hiver et je m’entraine le jeudi avec pas mal de fractionné, c’est ce qui me permet d’avoir un niveau pas trop mauvais en cyclo-cross.
 
Tu es de retour dans la région après 5 années en Pays de la Loire, quel regard portes-tu sur l’évolution du cyclisme en Poitou-Charentes ?
Je peux être assez tranchant sur le cyclisme dans la région. En effet, c’est un peu le Top 16 qui porte le cyclisme dans la région. Quand on parle du Poitou-Charentes, on parle tout de suite du Top 16. Il y aussi les filles du Futuroscope mais moi, ce sont les garçons qui me concernent plus particulièrement. Et là où je suis un peu déçu, c’est qu’au niveau élite, on ne voit pas d’équipe régionale, notamment sur les Championnats de France. Je ne connais pas les directives de notre région mais je trouve un peu dommage que l’on n’emmène personne.
Je suis un peu déçu que la région ne soit pas plus dynamique à ce niveau-là. Du côté des jeunes, on est plutôt dynamiques. On voit énormément de résultats et de déplacements de la région, que ce soit en cyclo-cross ou sur route dans les catégories de jeunes.
Jusqu’en junior, j’étais dans cette partie jeunes et je ne me rendais pas compte de ce qu’il se passait au niveau au-dessus. J’étais plutôt satisfait puisque je faisais toutes les sélections, je participais aux Championnats de France. Le CTR, Thierry GAULT, m’emmenait partout, et j’appréciais.
Mais là, aux Championnats de France Cyclo-cross Élite, on n’a emmené personne. Dans les Pays de la Loire, on m’avait proposé et on m’avait emmené. Ils remplissent leurs quotas alors que nous on ne le fait pas et je trouve cela triste, encore plus, lorsque les Championnats ne sont pas très loin et que l’on n’a pas besoin de partir 3 jours à l’hôtel. Je pense que des coureurs de la région avaient leur place pour représenter nos couleurs et on ne les a pas pris.
C’est mon avis personnel, je donne simplement le fond de ma pensée et je ne parle pas que pour moi. On aurait pu faire plaisir à des coureurs qui avaient les moyens de les faire.
Avec la prochaine fusion, on verra ce que cela va donner, mais j’espère qu’on arrivera à avoir des coureurs dans ces sélections-là et que ce ne seront pas que les autres qui auront cette chance.
 
Puisque tu évoques les modes de fonctionnement des 2 régions, vois-tu d’autres différences entre les 2 comités ?
On ne peut pas comparer 2 régions qui ne sont pas comparables. Le Comité des Pays de la Loire est un très gros comité, ils ont de gros quotas, les budgets ne sont pas les mêmes. Après, l’encadrement en Poitou-Charentes est très bien, les personnes qui encadrent sont très professionnelles.
Au niveau des Championnats Régionaux, c’est aussi différent, le niveau est plus élevé. Si je prends l’exemple des Championnats de Cyclo-cross en Pays de la Loire, nous étions 80 en Élite et c’était sur sélection. On a l’impression d’être sur une mini Coupe de France avec des courses toute la journée. Mais de ce côté-là, il n’y a rien à reprocher à notre région car ce n’est pas comparable.
Ils ont également des pôles cyclistes, à Nantes et à La Roche/Yon, qui apportent du niveau puisque des jeunes de toute la France veulent rejoindre ces pôles. Il y a aussi le Vendée U donc ce sont plein de choses qui font que les jeunes veulent venir et ça dynamise leur Comité Régional.
Mais il faut bien se dire qu’il y a des régions qui sont pires que la nôtre, l’émulation autour du vélo est moindre et cela se ressent sur les courses, sur les Championnats et dans les sélections.
 
Tu auras 29 ans en fin d’année, penses-tu continuer encore longtemps et à quel niveau ?
Cela va dépendre de mon évolution professionnelle. Mon objectif est de devenir Directeur de magasin et après évoluer dans une marque propre à Décathlon. En fonction de cela le temps de travail n’est pas le même, il y a plus de déplacements par exemple. Donc je ne suis pas certain, par la suite, de pouvoir monter sur un vélo. En tout cas, je me donne encore au moins 2 ou 3 ans pour prendre du plaisir et surtout pour arriver aux objectifs que je me suis fixé. Quoiqu’il arrive, je continuerai toujours à faire du vélo car c’est une passion avant tout. J’ai arrêté il y a 2 ans lorsque ma fille est née, et puis la passion m’a repris, cela me manquait. J’aime le vélo, j’aime mon sport, et si je peux aider à développer ce sport et à le porter haut, je le ferais.
Aujourd’hui, mon objectif, clairement, c’est le cyclo-cross, je veux essayer de continuer à haut niveau, de prendre du plaisir et d’apporter de l’expérience comme on a pu m’en apporter auparavant.
 
Par la suite, envisages-tu de t’impliquer au sein de ton club ou ailleurs, et si oui, dans quel rôle ?
C’est clair que si je pouvais donner de mon temps et m’impliquer dans mon sport et dans mon club, je le ferais. Cela me ferait plaisir de pouvoir apporter aux jeunes mon expérience, d’échanger, de rouler, et de m’entrainer avec eux. J’aime donner des conseils, je le fais en course car c’est là que je les vois le plus. Pour le moment, je n’ai pas le temps, mais si un jour je n’en ai plus, je le ferai, notamment en cyclo-cross. Si demain je pouvais intégrer une équipe ce serait surtout en cyclo-cross car c’est une discipline qui me plait vraiment. J’adore l’ambiance et je m’y retrouve plus que sur route. Autant avant, j’étais un routier à fond, depuis 2 ou 3 ans, je préfère faire du cyclo-cross, je prends plus de plaisir. Sur route, il y a beaucoup de monde, des gens diplômés pour encadrer et c’est moins le cas en cyclo-cross donc c’est pour cela que j’aimerais apporter dans cette discipline.
 
Même s’il te reste encore de belles années, tu es à un âge où nous pouvons commencer à regarder derrière et à parler de ton vécu. Tout d’abord, comment as-tu commencé le cyclisme ?
Je pense que c’est le vaccin familial. Mon père a fait du vélo et on est toujours allés voir des courses, même si lui ne courait plus. J’ai aussi mes oncles qui ont fait du vélo et qui en font encore, Patrick DESPEIGNES et Alain CLOCHARD. Mon frère a également eu le virus dons je suis allé voir des courses depuis l’âge de 7/8 ans. Avant, je faisais du foot, j’étais passionné, mais un jour, je m’y suis mis. Il y avait un ancien vélo de mon frère dans le garage, je suis monté dessus et c’était parti. Je faisais des sprints, ensuite j’ai fait une sortie de 20 km, puis de 30, et l’année d’après je prenais une licence. J’avais environ 12 ou 13 ans quand je suis monté sur le vélo. Il y en a qui commencent plus tôt, mais je pense que c’est un mal pour un bien car je n’ai pas été écœuré. Certains marchaient quand ils étaient jeunes et ce n’était plus forcément le cas par la suite.
Je pense que j’ai bien fait de prendre ce sport car c’est en plus, un sport très éducatif, un sport de battants. Ce que je vais dire est un peu méchant mais il n’y a pas de place pour les « fainéants ». Il faut être capable de s’entrainer et de faire des kilomètres. Quand on a 18 ans et que les copains sortent en boite l’été, pour nous ce n’est pas possible. On doit préparer les Championnats de France donc c’est un peu plus compliqué.
Je pense que c’est une bonne école de la vie, cela m’a permis d’avoir une bonne éducation. On se retrouve avec des adultes très tôt, aussi bien avec l’encadrement le mercredi pour les entrainements, que sur les courses le week-end puisque nous faisions des déplacements avec des adultes lors des sélections avec le Poitou-Charentes. On parlait de vélo mais pas seulement, et je pense que cela m’a vraiment permis d’avoir une bonne éducation.
 
Peux-tu nous rappeler les grandes lignes de ton palmarès ?
Pour moi, il y en a 2 essentielles. Ma 3ème place aux Championnats de France Juniors forcément. Une médaille aux Championnats de France, je l’ai encore dans ma chambre, chez mes parents. Les fois où je rentre chez eux, je la vois, cela me fait un petit rappel que j’ai eu la chance de monter sur un podium de Championnat de France. Sur le podium, entendre la Marseillaise, c’était quelque chose. Derrière, j’avais eu une sélection en équipe de France, la première et la seule d’ailleurs. Je suis parti 4 jours pour faire une Coupe du Monde en Italie sur une course à étapes. Ce sont forcément des souvenirs qui resteront toute la vie je pense.
 
Après, le 2ème gros souvenir, c’est ma 2ème place sur Bordeaux-Saintes. La veille, j’avais passé toute la journée devant sur le Grand Prix de St Savin, on s’était fait reprendre dans le dernier tour et je pense que j’avais laissé des cartouches. Le soir, on allait à la présentation des équipes et on passe la ligne d’arrivée en camion avec mes coéquipiers de Poitiers, et je lève les bras en leur disant en rigolant « demain, c’est moi qui gagne ! ». Le lendemain, j’arrive pour la gagne et il me manque un boyau pour gagner Bordeaux-Saintes. Cela reste un beau souvenir, c’est une course dont on peut parler à n’importe qui, c’est une référence, une course dure qui se joue toujours avec des costauds. J’étais frustré de finir 2ème et j’ai mis un peu de temps à digérer. Ce sont mes 2 plus grands souvenirs même s’il y en a plein d’autres. Mais si je devais en retenir deux, ce serait ceux-là.
 
As-tu l’habitude de comptabiliser tes succès et tes podiums ?
Non, malheureusement, je ne les ai jamais comptabilisés. Sincèrement, je suis incapable de dire combien j’ai de victoires. Il doit y avoir des courses que j’ai gagnées et dont je ne me souviens plus. Les podiums, c’est pareil, je ne sais pas. Par exemple, ma dernière année à Poitiers, j’avais 15 podiums, je crois, en 1ère et élite confondues. Ca donne une idée, même s’il y a eu des saisons plus compliquées. Donc je suis incapable de donner un chiffre, je dirais une bêtise.
 
Tu es également un spécialiste de cyclo-cross, est-ce une discipline que tu as toujours pratiqué ? Qu’est-ce que cela t’a amené ?
J’ai toujours plus ou moins pratiqué le cyclo-cross, c’est une discipline qui me plaisait. Cela me permettait de garder la forme. Il y a 1 ou 2 années où j’ai arrêté et je me suis aperçu que les saisons route étaient plus compliquées. L’hiver, tu fais moins attention, tu fais un peu tout et n’importe quoi, et c’était dur à remettre en route en début de saison. Donc j’ai toujours gardé l’habitude d’en faire et j’ai toujours pratiqué depuis 2010.
Au départ, c’était vraiment pour le plaisir, j’en ai gagné parce que je pense que j’avais un petit truc. Ensuite, lorsque je suis arrivé au POC, ils ont voulu que j’en fasse car ils n’avaient pas de cyclo-crossman et ils m’ont dit que c’était important pour eux. Je me suis mis à en faire à fond à ce moment-là et cela a plutôt bien marché. Et maintenant, c’est la route qui me sert à préparer le cyclo-cross et à y arriver en forme. Ce sera vraiment mon objectif principal.
 
As-tu des regrets sur ton passé de cycliste ?
En plus de Bordeaux-Saintes, il y a également une étape sur le Tour des Deux-Sèvres où une année, je suis battu d’un boyau. J’avais les jambes pour gagner mais je suis tombé sur un garçon plus rapide que moi.
Au niveau des choix, j’ai raté 2 occasions, il y a Vendée U et l’UC Nantes Atlantique qui m’avaient demandé et j’aurais dû y aller à ce moment-là. Vendée U, c’était au tout début, je sortais de junior. J’avais peur, je me suis dit que si j’allais là-bas, j’allais rouler toute la journée pour les autres, je me demandais si j’avais la caisse. Je me suis posé des questions et j’ai choisi le Cycle Poitevin. Avec le recul, je regrette un peu, certains de ma génération sont passés pros et je pense que j’avais leur niveau… Mais avec des « si »…
Ensuite, ma dernière année au Cycle, je ne suis pas allé à Nantes, j’ai fait le choix de rester à Poitiers.  Avec le recul, je me dis que j’aurais peut-être découvert d’autres courses et une nouvelle équipe.
 
Tu as connu plusieurs équipes, y a-t-il eu des moments difficiles ?
J’ai connu 3 équipes. J’ai eu 2 saisons compliquées, ma dernière à Cholet et ma première au POC. La dernière à Cholet, je me suis blessé et j’ai été arrêté 2 mois dès le début de saison. J’ai été soigné et la saison d’après, c’était toujours le même problème au niveau des genoux. J’ai eu 2 fois 2 mois d’arrêt, donc par rapport aux autres on met du temps à arriver. Le moral en avait pris un coup. C’était un peu le déclin de mes années à Poitiers où je marchais fort et c’est ce qui m’a coûté physiquement. Pour moi, cela a été une bascule : je suis passé capitaine de route plutôt que leader d’une équipe.
 
Et collectivement, as-tu connu des saisons avec des ambiances compliquées ?
Je suis plutôt bout-en train, j’aime bien rigoler. Avant tout, le sport c’est du plaisir, on doit être capable de passer outre les moments durs d’une course. Je suis quelqu’un avec qui on peut rigoler et échanger. Avec mes coéquipiers, je me suis toujours bien entendu. Avec tout le monde, il n’y a jamais eu de moment dur. Je suis plutôt quelqu’un qui est content de retrouver son équipe et d’aller faire une course avec eux.
 

En 3 questions

La course que tu rêves (ou que tu as rêvé) de gagner
Chez les pros, c’est la Flèche Wallonne avec l’arrivée dans le mur de Huy. Je suis plutôt un puncheur, j’adore ce type d’arrivée, plus c’est raide et plus cela me convient. J’adore monter des rampes raides, donc ça aurait été cette course.
Chez les amateurs, je dirais une étape du Tour des Deux-Sèvres. Pour un deux-sévrien, au niveau émotion, on est à l’apogée.
 
Ton modèle
Il y a un coureur que j’ai vraiment apprécié, et qui a longtemps été à mes côtés pour m’épauler, c’est Paul BROUSSE. Aujourd’hui, on n’a plus forcément de lien mais lorsque l’on était dans la même équipe, c’était un modèle. C’est un énorme battant et il m’a apporté énormément au niveau des conseils. Avec les 2 années passées avec lui, j’ai franchi un cap. Il donnait confiance, c’est ce que l’on attend d’un capitaine de route, et il a su le faire. Il a été un de mes modèles, j’aurais eu envie de faire sa carrière.
 
Un rêve
Etre champion de France. Je ne suis pas passé très loin, j’y ai presque gouté. Si je devais avoir encore un rêve, ce serait celui-là car cela parle à tout le monde, et pas uniquement dans le cyclisme. Porter le maillot bleu-blanc-rouge, il n’y a pas mieux pour un coureur cycliste, à part celui de champion du monde, mais qui est encore plus compliqué à toucher.
 

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